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Samedi 23 Juillet 2011:

 

Renault : retour au labeur

Social. Les anciens de Sandouville victimes du recul de l'âge de la retraite devront-ils reprendre le chemin de l'usine ? C'est une éventualité évoquée par la direction.

Plus de trois mois après, la situation n'a pas évolué. Même les courriers types du ministre du Travail Xavier Bertrand, sollicité à plusieurs reprises sur la question par le député communiste Jean-Paul Lecoq, ne varient pas d'une seule virgule. Ils promettent toujours « un examen attentif du dossier » de ces salariés de Renault qui, après avoir récemment quitté l'entreprise dans le cadre d'un plan de départ anticipé (PRV, pour Plan Renault Volontariat), subissent le contrecoup de la réforme des retraites.

« Examiner la possibilité d'une mission temporaire »

Signé en 2008, ce PRV leur garantissait des revenus, via les Assedic jusqu'à l'âge légal de départ à la retraite... qui était encore fixé à l'époque à 60 ans. Ce dernier a depuis reculé alors que la durée de versement de leurs indemnités, elle, n'augmentera pas. Les salariés concernés sont nés entre fin 1952 et début 1957. Dans les cas les plus graves, cette période dénuée de tout revenu peut aller jusqu'à un an.

À Sandouville, la situation concernerait entre 200 et 250 personnes, selon la CGT. « C'est l'usine la plus touchée, ce PRV a d'ailleurs été créé pour elle », assure Jean-Louis Lefebvre, l'un des initiateurs du collectif d'anciens salariés qui se réunit désormais régulièrement. Selon lui, seulement 62 ex-collègues se seraient fait connaître. « Certains ne s'imaginent pas encore ce qui les attend ! »

« C'est une situation que nous surveillons de près, indique, quant à lui, Jean Agulhon, responsable des ressources humaines de Renault France. Mais à notre connaissance, ce n'est pas encore un sujet qui présente un caractère d'extrême urgence. Dans le pire des cas, les premiers concernés le seront à partir de mi-2012. La situation deviendra alarmante si ces personnes ne retrouvent pas d'activité salariée. » Ainsi,

« Renault s'engage à recevoir chacune d'entre elles pour examiner la possibilité d'une mission temporaire ».

Le constructeur automobile serait donc prêt à réintégrer ses anciens employés le temps nécessaire à combler leur période sans revenus. D'après Jean Agulhon, une vingtaine de personnes aurait déjà été reçue individuellement. Le responsable national de ressources humaines invite ainsi tous ceux qui le désirent à solliciter un entretien auprès de leur direction respective.

Difficile toutefois d'imaginer les anciens de Sandouville reprendre aussi facilement le chemin de l'usine. Eux qui l'ont quitté volontairement, lassés par des décennies passées sur ses chaînes. Eux qui dénoncent avant tout « la tromperie » dont ils feraient l'objet. Pour la CGT, l'entreprise Renault ne pouvait ignorer, en 2008, les ambitions de réforme des retraites nourries au plus haut sommet d'un État qui reste son premier actionnaire à hauteur

de 15 %.

Jean Agulhon réfute en bloc l'argumentaire. L'évolution de la législation n'était, selon lui, pas davantage connue chez les dirigeants de Renault que chez les salariés de Sandouville, « qui ont pris, eux aussi, une décision en connaissance de cause ».

Thomas Dubois

(source le havre libre)

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