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Vendredi 15 Juillet 2011:

 

L'Europe soutient Renault

Automobile : 24,5 M€ d'aides pour un retour à l'emploi

La Commission européenne a donné son feu vert lundi au versement de quelque 24,5 M€ d'aides sociales de l'Union Européenne pour faciliter le retour à l'emploi de 3 582 personnes licenciées en 2008 par le constructeur Renault et par sept de ses fournisseurs. Les régions françaises les plus touchées ont été l'Île-de-France, la Haute-Normandie avec les usines de Sandouville et de Cléon, et le Nord-Pas-de-Calais. L'exécutif européen « a approuvé une demande d'intervention du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) introduite par la France ». Les 3 582 salariés concernés sont considérés comme les plus fragiles parmi ceux ayant perdu leur emploi dans le cadre d'un plan de départ volontaire de 2008-2009.

« Ce n'est pas à l'Europe de payer », selon la CGT à Cléon

Au total, quelque 4 400 collaborateurs ont choisi de prendre le plan de départ, dont 66 % ont opté pour un congé de reclassement, 19 % un départ à la retraite, et 15 % un projet personnel ou professionnel, selon les chiffres officiels de Renault. Les fonds doivent couvrir le financement par Renault d'allocations diverses, de mesures de formation ou de reconversion et de services de conseils en matière de recherche d'emploi et de création d'entreprise.

« Cette aide, si elle était votée, permettrait à Renault de financer une partie des mesures de réinsertion que Renault avait mises en oeuvre dans le cadre du plan de départ volontaire », plaide le constructeur. Le coût total du dispositif s'élève à 37,6 M€, que l'Union européenne doit financer à hauteur de 24,4 M€. La décision doit toutefois encore être validée par l'ensemble des gouvernements et le Parlement européens.

Pascal Morel, 49 ans, nouveau secrétaire général de la CGT chez Renault à Cléon (moteurs et boîtes de vitesses), dénonce cette situation. « Renault a déjà été largement aidée pendant la crise. Elle récidive, sollicite l'État, qui sollicite à son tour l'Europe sachant que des salariés vont se retrouver sans ressources avant l'âge légal de la retraite ».

Pour comprendre la situation, il faut remonter à la crise financière et économique qui a secoué la France et le monde entier, notamment le secteur automobile. En 2008, 4 400 salariés de Renault acceptent ainsi de quitter volontairement des usines comme celles de Cléon et de Sandouville avec la certitude d'être couverts jusqu'à 60 ans (Plan Renault Volontariat), Pôle Emploi devant assurer la jonction par des indemnités jusqu'à la retraite. Mais la réforme des retraites passe par là, allongeant la durée de travail.

« Ce qui oblige les salariés bénéficiaires à revenir travailler ou à se former, entre un mois et un an selon les cas, dénonce Pascal Morel, alors que la plupart ont déjà 30 ou 40 ans de boîte derrière eux, d'un travail souvent pénible. Et c'est pour cela, pour permettre de « réinséré » ces salariés, que Renault est de nouveau aidée via l'Europe ». Sauf que ce n'est pas à l'Europe de payer, martèle le représentant syndical. « D'autant que l'activité est au rendez-vous. À Cléon, nous comptons plus de 500 intérimaires dans nos rangs. Ce que réclame Renault représente à peine 1 % des bénéfices du groupe l'an dernier ».

Marc Braun

(source le havre libre)

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