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Le Havre, le 3 septembre 2007

GDF : non au bradage.

Alors que l’énergie est au cœur des enjeux du 21ème siècle, le gouvernement français fait le choix de livrer GDF aux appétits des actionnaires privés.

Dans le même temps, il ouvre la voie à d’autres opérations touchant, par exemple, la filière nucléaire et particulièrement AREVA…

En clair, derrière cette opération, se profile une remise en cause générale des bases de notre politique énergétique avec la suppression des monopoles publics  au profit d’oligopoles privés dont l’objectif sera de servir les objectifs de rentabilité financière exigés par les actionnaires.

 Rien ne justifie de telles décisions !

 - La privatisation de GDF et sa fusion avec SUEZ ne portent aucun projet industriel.

Aujourd’hui, GDF est un acteur majeur au niveau international, bénéficiant de contrats de long terme qui assurent les approvisionnements nécessaires à notre pays. La Commission Européenne a qualifié ces contrats de long terme d’obstacles au développement de la concurrence, ajoutant que GDF dispose d’une « position trop dominante » sur le marché français ; la même commission veut supprimer, pour les mêmes raisons, les tarifs réglementés et laisser le marché décider des prix.

 - Il y a 18 mois, la menace d’une OPA du groupe italien ENEL, avait fourni le prétexte au projet de fusion avec GDF. Sauver ENEL ne justifiait pas la privatisation de l’entreprise publique : une prise de participation de la Caisse des Dépôts et Consignations aurait suffi à bloquer ce risque…En fait, il fallait engager le processus conduisant à la disparition de GDF, comme entreprise nationale.

 - Puis, le prétexte fut une menace pesant sur GDF ! Comme si une entreprise détenue à plus de 70% par l’Etat était opéable…Puis ce fut l’argument fallacieux de GDF trop « petit » pour jouer dans la cour des grands, « oubliant » que GDF est un acteur majeur au plan international…

 - Les tarifs de l’électricité et du gaz sont en France les moins chers d’Europe ; la concurrence, contrairement à tout ce que prétendent les libéraux, ne va pas faire baisser les prix, mais, à l’opposé, elle va provoquer leur augmentation. Quant à la concurrence qui va s’instaurer entre GDF et EDF, elle va être source de gaspillage, sans aucun bénéfice ni pour le pays ni pour la population.

 - GDF a été conçu comme une entreprise intégrée, maîtrisant aussi bien la production, les approvisionnements, les stockages, le réseau de transport, que le réseau de distribution en liaison avec les collectivités locales. On peut s’interroger sur le devenir de cet ensemble, comme par exemple, celui des conventions passées entre les collectivités locales, propriétaires des réseaux de distribution, avec l’entreprise publique GDF maintenant privée.

    Avec cette opération, la droite française confirme son adhésion aux orientations européennes et au développement de la concurrence dans le secteur énergétique ; cette capitulation livre au privé un fleuron de l’industrie française.

 D’autres orientations sont possibles, justifiées par l’importance des enjeux énergétiques, aux niveaux national et européen !

 - Les états ne peuvent se désintéresser des questions énergétiques et laisser l’initiative au privé : prétendre qu’en détenant 35% du capital du nouveau groupe, la France pèsera sur ses choix, est un leurre.

- Les choix européens n’ont pas conduit à une amélioration de la situation, mais ils ont enrichi les actionnaires des groupes privés constitués à la place des monopoles publics.

 - La France devrait insister sur la qualité de son expérience et agir pour préserver le secteur énergétique du carcan de la rentabilité financière : cela signifie que soient revues les directives européennes dans le domaine de l’énergie.

- La constitution d’un pôle public de l’énergie, autour de la fusion d’EDF et de GDF, permettrait de préserver les intérêts de notre pays et favoriserait les coopérations pour une Europe de l’énergie, capable de négocier, avec les pays producteurs, les fournitures de gaz nécessaires.

 Ce n’est évidemment pas le chemin que prend la droite ; les promesses de 2004, faites par Nicolas SARKOZY, de ne pas privatiser GDF, ont vécu et l’on peut craindre, demain, pour EDF, AREVA…autres fleurons publics.

La financiarisation de notre économie est en marche ; elle n’épargne rien, ni les outils de l’indépendance de la France, ni les salariés, ni les populations.

Le renoncement n’est pas de mise : résister et refuser les conséquences du bradage actuel, expliquer les enjeux, …la mobilisation et le rassemblement autour d’autres solutions sont des nécessités.

   

Daniel PAUL

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