Vendredi
16 Mars 2013 :
En
raison « des conséquences sociales et économiques »,
le président du tribunal de grande instance
du Havre n'a pas délibéré dans la foulée de l'audience qui s'est tenue hier
après-midi. Une audience à la demande la direction de LIA, l'exploitant des
bus et tramway dans l'agglomération, pour faire annuler le préavis de grève
déposé par la CGT....
La continuité du service public assurée ?
La direction, défendue par Me Sagon, estime
que le préavis déposé par la CGT n'est pas légal et qu'il constitue « un
trouble important à l'ordre public ». « Il faut que l'on sache où a lieu la
grève pour que je puisse assurer la continuité du service public. Or, quand
je reprends le préavis, je ne peux pas le savoir, insiste le conseil de LIA,
société qui dispose d'une délégation de service public sur le territoire de
la Codah. La conséquence de cette grève mal bâtie est que cela va générer
des dysfonctionnements et mettre en danger les passagers. »
Ce que dément Me Alves Da Costa, le conseil d'Omar Lazreg, le délégué CGT
assigné par la direction. L'avocat, qui s'était déjà illustré lors d'un
procès entre la TCAR et ses syndicalistes CGT à Rouen fin 2012, indique que
les conséquences de la grève sont « totalement prévisibles » pour la
direction de LIA. « Dans ce préavis, vous avez les adresses où les
mouvements se dérouleront, ainsi que les lignes et les arrêts concernés »,
rétorque le conseil du syndicat.
Et Me Alves Da Costa de brandir une décision datée d'octobre 2012. « Il
s'agit d'un préavis de la CGT de la TCAR qui est rédigé exactement dans les
mêmes termes et qui a été validé par le tribunal de grande instance de Rouen
», explique-t-il. Me Sagon fait aussi référence à une décision, celle
d'avril 2011 ordonnée par le TGI du Havre, qui donne cette fois raison à la
direction de la TCAR.
S'agissant de la mise en danger invoquée par la direction, celle-ci ne
serait que « fantasme » selon Me Alves Da Costa. « Il y a des consignes
particulières pour que tout se passe au mieux. A Rouen, il y a déjà eu le
même cas avec deux mouvements de grève sur plusieurs semaines. »
Sortis de la salle d'audience sous les sifflets des salariés de LIA et
d'autres entreprises de la région havraise, Christophe Kaminski, responsable
d'exploitation chez LIA, et Xavier Alberola, directeur des ressources
humaines, restent « confiants sur les points évoqués par notre conseil. Il y
a un trouble de l'ordre public assez important et nous pensons que sur le
plan pratico-pratique, cela peut être ennuyeux pour les usagers comme pour
les salariés. »
Vanessa Leroy
(Havre libre)
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