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Mercredi 28 Novembre 2012 :
La fabrique d'espoir par Claude Cabanes Autrefois, un historien anglais avait expliqué que « la France l'un des plus grands fabricants d'espoir du monde ». En effet, depuis le XVIIIe siècle, elle a beaucoup fourni. Alors, parfois, on se laisse aller aujourd'hui à imaginer, naïvement, que dans ce vieux et puissant pays, chacun a un travail, un toit, et une assiette. Qu'on ne tend plus la main dans les rues de ses grandes villes. Que personne n'est à la merci du coup de Trafalgar d'un grand groupe financier. Que l'argent est à sa place et rien qu'à sa place. Qu'il fait bon avoir vingt ans... Après tout, quand on lève la tête, on se dit que la France dispose de toutes les ressources pour fabriquer ce nouvel espoir, somme toute bien raisonnable.... Mais dès qu'on remet le nez en rase-mottes du coté des événements de chaque jour, ça se gâte. Par exemple, on pouvait lire hier, dans les colonnes du Figaro, ce titre d'une chronique : « Un pays sans riches, ce sont des rosiers sans engrais ». L'auteur de ce texte, Yves de Kerdrel, affirme péremptoirement que, excédés par les menaces fiscales et le mauvais climat général, les grands « fortunés » s'en vont à l'étranger, avec armes et bagages, autrement dit avec leurs capitaux. Cela s'écrit page 18. Eh bien, page 23 du même journal quotidien, on explique benoîtement que 22 000 sociétés étrangères sont installées chez nous. En effet, ces investisseurs apprécient nos infrastructures routières et ferroviaires, apprécient le savoir, le talent et le bien faire du monde du travail, apprécient la qualité des services publics et leur expérience... Bref, la France attire plus qu'elle ne décourage.... _____________________________________________________________________ Au cours de son histoire, la France a souvent fabriqué de l'espoir. Elle en a toujours les moyens. _____________________________________________________________________ D'ailleurs, le comportement général de ces patrons - modestes ou puissants - est habité par le respect de nos lois, de notre culture, de nos habitudes sociales,.. Ce sont les exceptions qui sont montées en épingle. Et certains de ces messieurs ont Tépiderme bien trop sensible. Ainsi, par exemple, M. Viehbacher, directeur général de Sanofi-Aventis, s'était déclaré, il y a quelque temps, choqué d'avoir été « rudoyé » - verbalement s'entend - dans un ministère. Il est vrai qu'il y avait de quoi perdre son sang-froid quand on apprenait que le groupe Sanofi avait détrôné Total à la tête du peloton du CAC 40, et que les boursiers vibraient d'enthousiasme, après l'annonce d'un train dévastateur de suppressions d'emplois. Rudoyé, M. Viehbacher? On n'en meurt pas; Quant à M. Mittal, qui était reçu hier soir à l'Elysée, il a certes été secoué verbalement par le ministre cîu Redressement productif. Il s'en remettra. Le PDG de Florange devrait avoir compris que la prédation financière au mépris de ceux qui travaillent et de ceux qui gouvernent ne mérite aucun égard. C'est contre elle que la France retrouvera sa vocation d'usine à espoir. (l'Humanité)
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