> Presse —> un plan pour l'avenir |
Lundi 26 Novembre 2012 : Le PCF a un plan pour l'avenir de l'industrie Le Parti communiste français a présenté, samedi, à Lille, par la voix de son secrétaire national.Pierre Laurent, ses propositions pour la relance d'une industrie soucieuse d'écologie. Lille (Nord), envoyée spéciale. Après avoir reçu les sidérurgistes de Florange et avoir interpelé François Hollande dans une lettre ouverte, le PCF a présenté, samedi, son « plan pour l'industrie française ». C'est dans l'une des salles du Grand Palais de Lille, en présence de plusieurs centaines de militants, qu'a eu lieu cette 2e rencontre nationale du PCF dans le cadre de la préparation de son 36e Congrès. L'objectif? « Repartir à l'offensive et montrer que la condition delà transformation écologique et sociale passe par la renaissance d'une industrie puissante », explique le porte-parole Patrice Bessac, quelques minutes avant l'ouverture des deux tables rondes de l'après-midi conclues par un discours du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Si les ambitions des communistes sont fortes concernant la question industrielle, c'est que leur diagnostic est tranché : « Un pays sans usine est un pays mort », lance Pierre Laurent, en appelant à déconstruire plusieurs « mythes », tels celui du « coût du travail », ou encore le « vieil attrape-couillon » dé la compétitivité « forte avec les faibles et faible avec les forts ».Pierre Laurent en a appelé au « redéploiement des grandes filières », en proposant des solutions concrètes. Et de résumer : « La désindustrialisation de notre pays n 'est pas simplement une conséquence de la crise. Elle est le fruit de l'échec cuisant de mauvaises politiques menées depuis trente-cinq ans. » Un constat largement partagé par les syndicalistes, économistes, élus invités à s'exprimer. À l'instar de l'économiste Jean-Christophe Le Duigou, qui estime que « la transformation de l'industrie ne peut s'accomplir sous les contraintes des règles financières qui se sont imposées depuis trente ans ». À contre-courant de ces logiques, « notre plan est simple », annonce Pierre Laurent. Dénonçant la « stratégie des niches » qui a « permis aux grands groupes du CAC 40 de faire de juteux profits en affaiblissant la cohérence du tissu industriel français », le dirigeant communiste en appelle au « redéploiement des grandes filières » et à « un coup d'arrêt immédiat aux prédateurs ». À la clé : moratoire sur les licenciements, loi contre les licenciements boursiers et suppression des niches fiscales et sociales. Mais le plan présenté fait aussi place à l'écologie, car « industrie et écologie sont solidaires, l'une ne progressera plus sans l'autre », explique Pierre Laurent, évoquant non seulement « la transition énergétique » mais surtout « la transformation écologique » qui nécessite d'en finir avec « l'économie du jetable ». Une « révolution copernicienne » qui pourrait être à l'origine de « centaines de milliers d'emplois ».Au-delà, c'est un modèle de « coop ération » et de « partage » qui place « l'humain d'abord » que les communistes entendent opposer à celui de la concurrence et du profit. « Nouveaux droits et pouvoirs aux salariés », « système de sécurisation de l'emploi et de la formation », protection « des savoirs et savoir-faire de toute privatisation », « constitution de pôles publics industriels à l'échelle de l'Europe », «pro- tection intelligente » contre le dumping social, « efforts de recherche »... ne sont quelques-unes des pistes, appuyées sur une autre utilisation de l'argent, avancées par le secrétaire national lors der son discours.« L'industrie n'est pas une question réservée aux experts ni la seule affaire des patrons, elle concerne l'ensemble des citoyens », a estimé Bertrand Péricaud, conseiller régional PCF. Une conclusion reprise par Pierre Laurent qui, proposition de campagne anti-austérité de son parti à l'appui, a lancé : « En temps de crise, le sursaut doit venir du peuple. » Julia Hamlaoui L E PCF INTERPELLE SUR LE CAS MITTALPierre Laurent, secrétaire national du PCF, a de nouveau appelé ce week-end le gouvernement à asseoir Mittal à la table pour l'avenir de Florange. « Nous pouvons arrêter le faux suspense du repreneur. L'État doit réunir avant le 30 novembretous les acteurs impliqués ou intéressés par cette affaire », a-t-il estimé hier lors du meeting de la Fête de l'Humanité Normandie, à Rouen, tout en reformulant des propositions telle la « prise de contrôle des actifs sidérurgiques mosellans d'ArcelorMittal ».
(l'Humanité )
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