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Dimanche 25 Novembre 2012 : Les parrains européens du Président Hollande. par Francis Wurtz (*) ----------------------------------------------------------- Je décide » ; « J'assume » ; « Je suis un président responsable de tout »... À entendre François Hollande lors de sa conférence de presse du 13 novembre, on pouvait avoir l'impression que le nouvel hôte de l' Elysée était mû par une volonté inébranlable de résister à toute pression, d'où qu'elle vienne. Il semblait incarner à lui tout seul la souveraineté de la France. Au point d'omettre de faire la moindre allusion à l'imposant système de «recommandations» - en réalité coercitif - établi ces derniers mois dans l'Union européenne, dans lequel le nouveau programme présidentiel (en particulier le plan Gallois-Ayrault sur la compétitivité et la recherche, et la recherche d'un « compromis historique » entre patronat et syndicats sur la réforme du marché du travail) s'inscrit pourtant fidèlement sinon docilement.Rappelons ici cette déclaration de José Manuel Barroso, le 30 mai dernier, soit trois semaines après l'élection de François Hollande: «Aujourd'hui, la Commission a pris des décisions importantes. Elles définissent les mesures qui doivent être prises désormais, tant au niveau national par chacun de nos Etats membres qu'au niveau de l'UE, pour accroître notre compétitivité (...). Ces mesures témoignent du rôle essentiel que joue la Commission dans le gouvernement économique de l'Europe. Si elles sont taillées sur mesure pour chaque Étal membre nos recommandations relèvent néanmoins d'une approche cohérente. (...) Nous sommes sur la bonne voie. (.. ) La direction à suivre est claire. » Et quelles sont ces « recommandations taillées sur mesure » pour la France? Je les avais évoquées à l'époque («l'HD» du 7 juin 2012). J'en rappelle les plus significatives. D'abord, afin de ramener le « déficit excessif » à 3% en 20163 « délai fixé par le ConseiI », des mesures complémentaires » doivent être prises, renforçant « l'effort budgétaire ». En outre, il est nécessaire, pour promouvoir la compétitivité ». de « moderniser l'administration publique • (comprenez: de supprimer des postes d'agents publics) Ensuite, face à « la diminution de la part de marché à l'exportation de la France », il convient « d'introduire un système fiscal qui déplacerait la pression fiscale du travail vers d'autres formes de fiscalité pesant moins sur la croissance et la compétitivité extérieure, notamment les taxes sur la consommation et les taxes vertes». En effet, « l'augmentation des coûts salariaux unitaires en particulier a pesé lourdement sur la rentabilité des entreprises françaises et a limité leur capacité à se développer - Dans le mêmeesprit, il s'agit de « veiller à ce que toute évolution du salaire minimum favorise la création d'emplois et la compétitivité » (traduisez le SMIC ne doit surtout pas être rehaussé !). Enfin, la Commission demande d'« améliorer le fonctionnement du marché du travail en France », notamment en « revoyant certains aspects de la législation en matière de protection de l'emploi » (le CDI. voilà le problème!). Tout cela ne vous rappelle-t-il rien ? Le président Hollande « décide - peut-être lui-même, mais une coïncidence troublante veut que son nouveau programme cadre parfaitement avec les « recommandations annuelles » que lui a adressées la Commission européenne au début de son mandat. Mais, au fait, le candidat Hollande n'avait-il pas l'intention de « réorienter l'Europe » ? C'est le moment, à gauche, de rouvrir ce débat. (*) Député honoraire au Parlement européen.
(l'Humanité Dimanche)
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