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Mardi 20 Novembre 2012 :
Alternative pour la Centrale: les experts mandatés par la CGT ont rendu leurs conclusions sur un autre avenir pour la centrale EDF. Les salariés de la centrale thermique du Havre ont pris connaissance, tout récemment, de l'étude confiée à l'Institut Energie et Développement (IED), suite à la demande de la CGT votée à l'unanimité par le comité d'entreprise. L'organisation syndicale a souhaité, en s'appuyant sur un cabinet indépendant d'experts, afficher des contre-propositions au projet de la direction d'EDF qui souhaite, entre 2013 et 2014, fermer deux tranches sur les trois que compte la centrale à charbon. Si EDF anticipe sur les directives européennes qui conditionnent, pour des raisons environnemen-tales, l'exploitation des centrales à charbon au-delà de 2015, la CGT propose une alternative autour d'un nouveau moyen de production, du maintien en service au moins jusqu'en 2015 des tranches menacées et d'un effectif suffisant pour « conduire » la tranche restante. « Nous allons perdre plus de la moitié de la production (600 mégawatts contre l 450 aujourd'hui). Au niveau de l'emploi, la direction s'est fixé un objectif à 130 agents sur les 346 que nous sommes aujourd'hui. A la perte de 220 postes vont s'ajouter 400 emplois daris la sous-traitance, dont 90 employés à plein-temps à la centrale », dénonce Alain Poret, secrétaire du CE. L'énergie en danger L'annonce est préoccupante pour un bassin d'emploi déjà durement frappé. Mais la situation n'est pas propre au Havre, puisque cette politique visant la réduction du thermique à flamme s'organise au niveau national. La CGT prédit qu'un tiers du parc de production et la suppression de 1 235 emplois directs auxquels s'ajoutent au moins le double pour les emplois induits. L'IED, qui a regardé par le détail les conséquences de ce projet, appuie fermement sur les risques de rupture de fourniture même en tenant compte du nucléaire et des énergies renouvelables. Les installations comme celles du Havre interviennent pour pallier les pics de consommation, surtout pendant les vagues de froid. « Nous préconisons une énergie disponible et bon marché pour tous. C'est un moyen de croissance économique. » L'inquiétude des experts repose sur deux raisons majeures. Le recours à l'importation devrait logiquement augmenter alors que le principal fournisseur, l'Allemagne, ne semble plus en mesure de répondre à la demande. D'où l'intérêt d'être en capacité pour la France de produire suffisamment pour faire face aux besoins. ST.R. LE THERMIQUE PAS MORT : L'Institut Energie et Développement préconise de pérenniser la vocation charbon du site. Préparer l'avenir suppose aussi consentir des investissements. « Nous avons estimé à 100 millions d'euros l'investissement nécessaire pour réhabiliter et mettre aux normes de dépollution la tranche 1 afin de fournir 250 mégawatts. La tranche 2 pour un coût estimé à 160 millions d'euros pourrait subir les mêmes transformations. Nous affirmons que le thermique est nécessaire pour assurer l'équilibre production-consommation. » Dans son rapport, l'IED prévoit comme autre piste la construction d'une tranche de charbon de 600 MW avec captage de C02 avant le démantèlement repoussé à 2015 des tranches 1 et 2. La conversion en biomasse de ces tranches reste encore un volet envisagé par les spécialistes. (source Havre Libre)
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