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Vendredi 16 Novembre 2012 :

 

Quand les travailleurs portugais voient rouge

De manifestations en grève générale, la colère ne cesse de s'amplifier dans le pays meurtri par les mesures antisociales du pouvoir.

Lisbonne,

correspondance.

« Hors d'ici, la faim, la misère et le FMI », « Il est l'heure que ce gouvernement s'en aille », les mots d'ordre se maintiennent au fil des manifestations, de plus en plus fréquentes, mais le ton des manifestants se durcit proportionnellement à l'indifférence du gouvernement. Drapeaux rouges de la CGTP en tête, la centrale syndicale qui avait appelé avec l'Espagne à une grève générale européenne, près de 10 000 personnes ont convergé vers la place San Bento, devant le Parlement, sans heurts, hormis une tentative d'infiltrés vite maîtrisée par le syndicat des dockers, qui mène, lui, une grève depuis maintenant trois mois, sous la forme d'un service minimum.

La grève générale intervient deux jours après une manifestation de protestation contre la venue d'Angela Merkel à Lisbonne. La chancelière a répété la veille que les Portugais finiraient par comprendre que l'austérité serait à terme bonne pour eux, credo repris en chœur par le premier ministre Passos Coelho, pour lequel il n'y a pas d'autres solutions. Pour autant, Libério Domingues, coordinateur de l'Union des syndicats de Lisbonne de la CGTP, estime que « cette manifestation est le reflet du sentiment général des travailleurs. Elle envoie un message clair au gouvernement. La population s'appauvrit de façon dramatique et il est difficile d'imaginer que la troïka et les options du gouvernement vont favoriser le redressement de l'économie et du pays ».

La manifestation est historique et rassemble pour la première fois depuis longtemps syndicats et mouvements sociaux. La présence de l'UGT, la seconde centrale syndicale, plus connectée au PS auprès de la CGTP, est un faire rare. « Cette convergence est très importante, poursuit le responsable syndical, parce qu'elle montre que tous les peuples sont motivés à lutter pour la même cause, contre une politique européenne commune, très agressive, qui attaque tous les travailleurs et qui détruit tous les droits fondamentaux. Nous avons donc toutes les raisons de converger aujourd'hui dans la lutte. »

Valérie Mitteaux

(l'Humanité du jeudi 15 novembre)

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