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Jeudi 15 Novembre 2012 :

 

Les socialistes chahutés

Social. Le local du PS a fait les frais du coup de gueule contre le gouvernement poussé hier par l'intersyndicale, qui a profité une nouvelle fois de l'apport massif des dockers.

Cela s'appelle l'apprentissage du pouvoir. Ou encore le revers de la médaille. Sur ce bout de trottoir où, il y a six mois, se sont succédé les scènes de liesses électorales. Les œufs ont plu hier matin. La permanence havraise du Parti Socialiste, rue Georges-Braque, a fait les frais du premier grand coup de gueule poussé contre le gouvernement par l'intersyndicale havraise – largement dominé par la CGT –, dans le cadre de l'appel européen à manifester pour l'emploi.

Après le rassemblement d'environ 200 personnes devant l'hôtel d'agglomération, 98 salariés se sont portés volontaires pour exprimer leurs doléances auprès des représentants du pouvoir socialiste, en écho au manifeste sur la compétitivité adressé à François Hollande par 98 grands patrons français.

De ces doléances, il ne restera au final que des affiches collées et des résidus d'œufs bombardés (par une très maigre poignée de manifestants) sur les vitres du PS. Une scène que l'on avait pris l'habitude d'observer devant la permanence UMP ou le siège du Medef. « J'aurais préféré les recevoir pour discuter », commentait Mathieu Brasse après le passage du cortège. Le secrétaire de la section socialiste du Havre n'a que très moyennement apprécié la méthode. « Certains responsables syndicaux sont venus me dire qu'ils ne le partageaient pas non plus (Nicolas Vincent, délégué CGT de Petroplus, a notamment dénoncé sur internet une action « honteuse », NDLR). Nous avons toujours été un parti à l'écoute. Et François Hollande a toujours dit que tout ne se ferait pas en six mois. Le Havre est une ville industrielle où les attentes sont grandes en matière d'emploi. Les réformes s'y feront bientôt sentir. »

En attendant, la conférence de presse du président de la République, mardi, n'a pas apaisé les esprits. « Hausse de la TVA, de l'imposition des retraités… Les annonces faites ne sont pas là pour nous rassurer, confirme Jacques Richer, pour la CGT havraise. Il est important de signifier aux représentants du gouvernement que l'austérité ne nous va pas ! » Sur la méthode, « on n'avait pas forcément l'intention de discuter, puisque tout se joue au national », confie ce dernier. La CGT locale se dit surtout déterminée à gonfler les muscles, à l'heure où d'autres syndicats privilégient la voie plus pacifique de la négociation. Pour cela, elle a pu compter encore une fois sur l'apport massif des dockers, qui ont transformé le rassemblement d'origine en une manifestation de plusieurs milliers de personnes. Pour Johann Fortier, leur secrétaire CGT, « l'Europe est en train de comprendre le destin qu'on lui trace. Ce n'est qu'un début ».

T. D.

(Havre libre)

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