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Vendredi 9 Novembre 2012 :
PS, des revirements lourds de sens Traité austéritaire européen, augmentation de la TVA... le président et le gouvernement socialiste tournent le dos à des engagements électoraux et fragilisent le changement. Il y eu le tournant de la rigueur sous la présidence de François Mitterrand en 1983, deux ans après son accès au pouvoir. Connaissons-nous, aujourd'hui, le tournant de l'austérité six mois après la victoire de François Hollande ? Tout porte à le croire tant les renoncements aux engagements pris et les revirements successifs de la majorité présidentielle depuis l'élection de mai dernier sont importants, lourds de sens et de conséquences. Il y eu l'engagement du candidat Hollande de renégocier le traité européen Sarkozy-Merkel qui instaurait un carcan austéritaire sur les budgets nationaux. Il n'en fut rien. Le PS le fait adopter au Parlement sans changer une virgule du texte initial et, dans la foulée, présente son premier projet de loi de finance pour 2013 sous le sceau de... l'austérité. Durant la campagne de la présidentielle le candidat Hollande n'a as eu de mot assez fort pour dénoncer la « TV sociale » de Nicolas Sarkozy, coupable à ses yeux de plomber la relance et le pouvoir d'achat des Français. Après l'avoir supprimé, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, déclarait en septembre dernier : « Nous avons suffisamment critiqué la hausse de la TVA pour ne pas nous livrer au même exercice. « Patatra, un mois plus tard, dans le cadre de son plan de compétitivité, le gouvernement soulage les entreprises de 20 milliards d'euros en transférant sur le dos des ménages via la baisse de 10 milliards d'euros des dépenses publiques et … l'augmentation de la TVA pour une valeur de 6,5 milliards d'euros auxquels s'ajoutent 3,5 milliards d'euros supplémentaires de taxe écologique. Dans les deux cas, la droite et le Medef qui, rappelons-le, ont largement contribué par leur politique à dégrader la situation économique et sociale de la France, ont bruyamment exprimé leur soutien à cette politique du gouvernement socialiste. Ce qui ne peut qu'inquiéter les forces de gauche attachées au changement. D'autant que ces choix politiques ne sont pas marginaux. Ils vont impacter tous ceux à venir. Lors de sa campagne électorale, Hollande parlait de « courage » de « lutte contre l'ennemi invisible, la finance » se faisant élire pour en finir avec les années Sarkozy. Six mois après, ce discours est loin, et les volte-face sont une réalité. Est-ce un tournant irréversible ? Pour une large part, la balle est dans le camp de toutes celles et de tous ceux qui ont porté la gauche au pouvoir « pour que ça change ». Max Staat (l'Humanité)
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