> Presse —>Les dégâts humains de la stratégie d'Alcatel-Lucent |
Mercredi 24 Octobre 2012 :
Les dégâts humains de la stratégie d'Alcatel-Lucent l'équipementier en télécoms a annoncé, en fin de semaine dernière, un énième plan social, censé supprimer 5490 postes, dont 1430 en France. La CGT dénonce les choix stratégiques délétères du groupe. La série noire se poursuit chez Alcatel-Lucent : suivant son rythme d'un plan social par an, l'équipementier télécoms a annoncé, jeudi, 5490 nouvelles suppressions de postes dans le monde, dont 1430 en France, soit 15 % des effectifs, dans le but d'économiser 1,25 milliards d'euros d'ici à la fin de 2013. Le plus gros site du groupe en France, à Vélizy (Yvelines), qui compte 2700 salariés, fermerait ses portes d'ici à 2014. Et les reclassements promis à Nozay (Essonne) laissent peu d'espoir : « Seul un quart des effectifs de Vélizy pourrait être reclassé », estime Claude Josserand, délégué central CGT. Confronté à une dégradation de ses résultats sur le premier semestre 2012, le groupe de télécommunications décide une nouvelle fois de tailler dans le vif, essentiellement dans les services administratifs et de support, mais également dans la recherche & développement, d'après la CGT. « Ce sont des calculs de tableurs de financiers qui ne partent pas du tout de la réalité du terrain, des besoins dans les équipes », critique Claude Josserand, qui explique que le fait d'avoir cédé de nombreuses filiales au fil des années, en se concentrant sur des activités de plus en plus limitées, a contribué à nuire aux résultats du groupe. « C'est la même logique mortifère qui frappe dans chaque territoire : les actionnaires veulent continuer à prélever une part de plus en plus importante de la plus-value industrielle pour maintenir leurs profits », a immédiatement dénoncé le PCF, exhortant le gouvernement a adopté des lois pour « stopper les plans de licenciements et garantir un avenir industriel à notre pays ». Pour se redresser, le groupe table paradoxalement sur la baisse de son chiffre d'affaires. L'objectif : se concentrer sur les clients les plus rentables, à savoir les États-Unis et la Chine, qui comptent un nombre d'opérateurs beaucoup plus restreint et concentrés qu'en Europe. « L'Union européenne est le marché le plus perméable », juge Claude Josserand, qui regrette que la Commission européenne ne suive que le credo du « toujours moins cher pour le client », qui contribue à tirer les coûts à la baisse en ayant recours à des productions extracommunautaires. A l'annonce du plan de suppressions d'emplois, le ministère du Redressement productif a réagi jeudi, assurant la mise en place dans les mois prochains d'un « plan d'action, pour l'ensemble de la filière des équipementiers de télécoms, passant notamment par une relance des investissements des opérateurs dans les réseaux à très haut débit ». Sans attendre ces mesures, les syndicats ont d'ores et déjà décidé de mobiliser : des assemblées générales se sont déjà tenues en vue d'actions cette semaine. Loan Nguyen (l'Humanité)
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