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Lundi 30 Avril 2012 :
1er-Mai en ordre dispersé Social. À la veille d'une Fête du travail dominée par l'enjeu présidentiel, les militants affichent leur détermination. Mais chez les syndicats comme à gauche, la méthode fait débat. Après un rassemblement sur le front de mer en 2011, le 1er Mai retrouvera demain « son parcours historique » (lire ci-dessous), clament les organisateurs de l'intersyndicale CGT-CFDT-Solidaires-FSU en espérant que la mobilisation, elle aussi, marquera les mémoires. Loin de l'ambiance tiède des quelques centaines de participants réunis l'année dernière. L'enjeu politique de cet entre-deux tours de la présidentielle donne évidemment à ce 1er Mai 2012 une couleur particulière. Surtout depuis les déclarations polémiques de Nicolas Sarkozy, restées en travers de la gorge des leaders syndicaux. « Plus que la provocation, du mépris », lâche Andrée Perreau, de la CFDT havraise. « Comment Sarkozy peut- il parler de « vrai » travail avec un tel bilan, entre délocalisations et baisse du pouvoir d'achat ? », renchérit Reynald Kubecki pour la CGT. « On espère que le contexte va mobiliser encore plus, au-delà des travailleurs... » Le front syndical n'est pas pour autant uni. Aucune banderole Force Ouvrière ne flottera demain, le syndicat ayant opté pour un meeting départemental à Rouen. La CFDT, elle, organise sa propre action : un simple lâcher de ballons depuis la digue André-Duroméa. « Le sens originel de la Fête du travail est complètement détourné cette année », affirme le syndicat. « En ces temps de polémique électorale, la CFTC considère qu'une certaine réserve s'impose. » À ce jeu-là, la puissante CGT se distingue elle aussi des autres organisations en apprenant sans la moindre ambiguïté à voter François Hollande. « Nous n'avons aucun scrupule », confirme Reynald Kubescki « Il faut changer de président, même si nous ne nous faisons pas beaucoup d'illusions sur Hollande. On en a marre que l'on nous reproche de faire de la politique ! Mais tout est politique, aujourd'hui : défendre le service public, les salaires, c'est de la politique ! » En politique, justement, c'est le Front de Gauche qui affiche quelques fissures locales. Les élus communistes appellent aussi ouvertement à voter Hollande, tout en s'engageant dans la campagne au côté du parti socialiste. « Une tradition du Havre à laquelle nous sommes attachés », justifie le député Daniel Paul. « Nous avons toujours été partisans de l'union des forces de la gauche. » Sauf que l'initiative pourrait leur attirer les foudres des instances nationales du Front de Gauche, selon son coordinateur local Thierry Delpeches (Parti de Gauche). Chacune de ses composantes est priée en effet d'appeler à battre Sarkozy, mais en gardant la distance de rigueur avec le PS. « Hollande est un candidat différent, qui défend un programme différent », insiste Thierry Delpeches. Pendant ce temps, c'est vers la capitale que regardent les militants UMP du Havre. « Ils sont encore plus en forme qu'avant le premier tour », assure Luc Lemonnier, l'optimiste délégué pour la circonscription havraise. Deux cars ont été affrétés pour aller grossir les rangs du « contre-1er-Mai » de Nicolas Sarkozy à Paris.
Parcours : A l'appel de l'intersyndicaleCGT-CFDT- Solidaires-FSU, la manifestation s'élancera demain matin à 10 h 30, depuis le Rond-Point. Le cortège doit emprunter la rue Maréchal-Joffre et l'avenue René-Coty jusqu'à l'hôtel de ville. Il se rassemblera côté nord de la mairie, où se tiendra une prise de parole. CFTC La CFTC, elle, organise un lâcher de ballons à 11 h sur la digue André Duroméa (au niveau du city stade). (Havre libre)
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