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Mercredi 25 Avril 2012 :
« Il faut un grand 1er Mai, unitaire et revendicatif » Nadine Prigent, membre du bureau confédéral de la CGT, pointe les enjeux de la journée internationale de solidarité du monde du travail dans un contexte électoral tendu. Entretien Quel est l'enjeu de ce 1er Mai 2012 ? Nadine Prigent. Il faut que ce soit un grand 1er Mai, unitaire, et revendicatif : salaires, emploi, formation, retraite, protection sociale, lutte contre la précarité... Il faut aussi réagir face au score élevé du Front national. Cela fait maintenant plusieurs mois que la CGT a relevé le défi de combattre l'extrême droite. Et les multiples expressions auprès des syndiqués ont porté quelques fruits. Les dernières enquêtes montrent que le vote FN a reculé chez les syndiqués et les sympathisants. Ce que l'on sème sert à quelque chose. Mais plus de cinq millions de voix pour Marine Le Pen, cela reste préoccupant pour la démocratie, même si ce vote indique surtout que des milliers de salariés sont en recherche de solutions politiques face à l'insécurité sociale. L'appel intersyndical à manifester, le 1er Mai, aussi contre les politiques d'austérité qui frappent toute l'Europe, participe également du combat contre le repli national ? Nadine Prigent. Oui, le 1er Mai, Journée internationale de solidarité du monde du travail, doit permettre de réaffirmer les valeurs du travail et du vivre ensemble. Les solutions ne passent pas par les discriminations, le racisme et le rejet de l'autre. Nicolas Sarkozy appelant à un rassemblement des « vrais » travailleurs, vous le vivez comment ? Nadine Prigent. Comme une nouvelle provocation. Il n'a pas de leçon à donner vu la situation qu'il laisse à l'issue de son quinquennat dans le monde du travail ! Production industrielle, services publics, chômage, conditions de travail qui mènent parfois au suicide... Son bilan, nous l'avons démontré dans un tract édité à un million d'exemplaires, est désastreux. Le président de la République continue à diviser et à stigmatiser : la meilleure réponse à cette provocation, c'est que salariés du public et du privé, jeunes, précaires, privés d'emploi, retraités soient massivement présents dans les cortèges syndicaux. Le président candidat et son entourage reprochent à la CGT d'empiéter sur le terrain politique. Que répondez-vous ? Nadine Prigent. Qu'en organisant ainsi un rassemblement le 1er Mai, c'est plutôt le politique qui vient empiéter sur le terrain syndical ! C'est Nicolas Sarkozy qui n'est pas sa place. Nous sommes à la nôtre, y compris quand nous appelons à le battre au vu de son bilan économique et social. Et quelle que soit l'issue de l'élection, nous serons toujours là et l'action syndicale continuera. Propos recueillis par Laurence Mauriaucourt (l'Humanité)
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