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Vendredi 20 Avril 2012 :

 

Le miroir aux alouettes ?

Social. CGT en tête, des syndicats ont investi les Docks Café où se déroulent les dixièmes Rencontres pour l'emploi.

Le forum qui s'est ouvert hier et qui se poursuit encore aujourd'hui aux Docks Café promet 859 postes à pourvoir sur le territoire. L'offre est alléchante, mais la CGT n'y voit qu'un effet d'annonce, « de la poudre aux yeux ». « Il ne faut pas faire croire aux gens qu'il y a du travail alors que c'est faux, explique Anita Menendez, en charge des privés d'emploi à la centrale. S'il y avait vraiment 859 emplois à la clé, ça se saurait. Au Havre, on en est à plus de 10 000 chômeurs, cherchez

l'erreur ! »

Un leurre

La CGT se prononce aussi sur la qualité de ces emplois : « Ce ne sont pas de vrais métiers, c'est de la précarité, de l'intérim pour la plupart. Il n'y a plus que des CDD ou des contrats aidés pour des salaires de misère. »

Et quand on lui parle des CDI proposés, la CGT rétorque qu'il s'agit bien souvent de temps partiel où l'on travaille par exemple trois jours par semaine avec des horaires décalés. « Les employés eux-mêmes finissent par se décourager. »

Face à cette « mascarade », la CGT oppose une autre vision : « Ce qui peut servir les gens, c'est une véritable politique de service public. C'est à Pôle Emploi de remplir pleinement son rôle et à l'Éducation nationale de s'occuper de la formation. » Et les responsables syndicaux d'ajouter : « Sur la base de 35 heures bien rémunérées. »

À 11 heures, c'est l'inauguration. Le maire Édouard Philippe est là, sa première adjointe, Agathe Cahierre, aussi. À deux pas, la CGT s'arrête au stand d'Aircelle : « Pourquoi sont-ils là alors qu'ils ne répondent pas aux demandes qui leur sont adressées ? »

Du renfort

Ce qui devait être une fête se transforme en meeting, d'autant que d'autres syndicats les ont rejoints. Ceux de l'Inspection du travail. Ce service du ministère est en effet également confronté à des problèmes liés aux conditions de travail et les syndicats avaient décidé d'une action médiatique. Idem pour les postiers. En tout, une grosse cinquantaine de salariés ont fait plusieurs fois le tour du salon, bannières levées.

D'autres aussi défilent avec patience : les demandeurs d'emploi et en particulier de nombreux jeunes. Le tableau est étrange : d'une part, ces derniers qui doivent encore y croire par nécessité, de l'autre, des syndicats qui leur montrent combien leur univers est bouché. L'espoir s'envole... Seraient-ils vraiment ces « domestiques modernes » dont ils entendent parler ?

B. S.

(Havre libre)

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