> Presse —>« Le SMIC à 1 700 euros est une option absolument incontournable » |
Lundi 16 Avril 2012 :
« Le SMIC à 1700 euros est une option absolument incontournable » Le SMIC à 1700 euros, pour les salariés de Renault Saran (Loiret) qui recevaient, ce vendredi, Sylvie Dubois, candidate du FG aux législatives (1), cette mesure n'a rien d'une incantation délirante. Selon un sondage CSA publié dans « l'Humanité » du 10 avril, 65 % des sympathisants de gauche y sont favorables ! « Je ne suis pas surprise que vous entendiez cette revendication, relève la candidate, élue aux finances de la ville et ancienne ouvrière dans la confection. Nous prenons en compte vos attentes depuis plus de deux ans, nous rencontrons des salariés et des économistes qui ont fait la preuve que cette mesure est faisable et atteignable. » « Les collègues sont favorables au SMIC à 1700 euros, mais se demandent comment l'atteindre », indiquent François, un carrossier de 57 ans, et Pierrot, 41 ans passés derrière les machines. Tous deux ont vu leurs indices salariaux chuter après le changement de statut de l'entreprise survenu en 1999. D'une convention collective de la sidérurgie, plutôt favorable, ils ont épousé celle du commerce qui « fixe des cotisations retraite au ras des pâquerettes ». Un mariage forcé et subi. « Parfois, quand on aborde le sujet, on nous accuse de faire de la politique », rapporte Philippe, syndicaliste de 52 ans et ancien agent de maîtrise contraint à reprendre son poste de carrossier « en raison des pressions morales ». « Un jour, excédé, François a imprimé la page du dictionnaire au mot "politique" et l'a envoyée à tous ses contacts ! Bien sûr que ces combats, qu'ils soient syndicaux ou non, sont politiques ! » La question du pouvoir d'achat est d'autant plus sensible chez Renault Saran que la succursale vient de passer de la semaine de 4 jours à celle de 5 jours. « Nous avons calculé que ce passage à une journée de travail supplémentaire (avec réduction horaire journalière – NDLR) va faire perdre aux travailleurs un salaire par an, soit environ 1400 euros, en frais de transport, de garde d'enfants et autres », dénonce François. Robert, lui, fait figure de jeunot dans l'entreprise. En fait, il a été récemment embauché après plusieurs périodes d'intérim. Du coup et malgré son niveau bac + 5 en économie et finance, il se retrouve à l'échelon 9, soit 1200 euros par mois, sur un poste de magasinier. « Quel gâchis de compétences ! clament ses collègues. Le SMIC à 1700 euros, c'est aussi une question de reconnaissance, de considération et de dignité. » Sylvie Dubois écoute et prend les observations en note. « Je précise que la somme de 1700 euros est un objectif que le Front de gauche se propose d'atteindre à la fin de la mandature. La preuve que c'est possible ? Au Luxembourg voisin, le salaire de base est de 1757 euros. » Dans un récent tract édité par la CGT Renault Orléans, la question du salaire minimum croise celle du pouvoir d'achat avec une mise en perspective remarquable. « Avec le taux horaire qui n'est plus à la portée de nos clients par manque de pouvoir d'achat, tout comme nous qui perdons plusieurs centaines d'euros en raison d'un changement d'horaires sans dédommagements, la relance économique n'est pas prête de se faire sentir. » Face à la candidate, les salariés se font encore plus précis : « Rendez-vous compte qu'une heure de facturation client dans nos ateliers équivaut à une journée et demie du salaire d'un smicard. Et encore, sans les éventuelles pièces détachées ! » Sylvie Dubois est interloquée : « Les salariés aiment pourtant leur job, on fait de la mécanique par passion des voitures. Et eux, ils arrivent à dégoûter les gens de leur travail. C'est écoeurant... » « D'autant que la première mesure qu'a prise Sarkozy en arrivant à l'Élysée, c'est de s'accorder une augmentation de salaire, avant même de faire le job », relèvent Robert et Philippe. « Pour les élus ustracumulards qui touchent des 6000 euros par mois, la question du pouvoir d'achat est périphérique », explique Mathieu, animateur de la campagne de la candidate saranaise. « D'où l'intérêt d'envoyer à l'Assemblée nationale des élus Front de gauche qui savent quel impact peut avoir un litre d'essence à 2 euros sur le portefeuille des gens. » Pour y arriver, au-delà de l'élection présidentielle, les salariés ne se font guère d'illusions : « Il faudra maintenir la pression avec ou sans président de gauche. » Robert, lui, craint que « le futur président ne trouve les caisses vides ». Mais tous se rangent derrière cette revendication adressée à leur direction : « Pour relancer l'activité, il faut relancer la croissance. Et celle-ci ne peut que passer par des augmentations de salaires pour tous. » Joseph Korda (1) Blog de campagne de Sylvie Dubois... (L'Humanité Dimanche)
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