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Vendredi 13 Avril 2012 :

 

À l'inspection aussi « le travail tue »

Social. Manifestation des agents après le suicide de deux de leurs collègues.

Les agents de l'unité territoriale 76 (UT 6) de l'Inspection du travail s'étaient rassemblés hier aux portes de la sous-préfecture pour exprimer leur colère. Ils participaient au mouvement national de soutien organisé après le suicide de deux inspecteurs du travail, que l'administration refuse de reconnaître comme accidents de service.

« Un déni de la souffrance »

Les trente-cinq agents de l'UT76 au Havre expliquaient ce qui justifie pourtant selon eux la reconnaissance de ces suicides en accédants de service. « Il y a presque un an jour pour jour, un agent basé à Rouen a fait une tentative de suicide en ingurgitant un cocktail médicamenteux sur son lieu de travail », déplore Matthieu Amans, secrétaire SUD Travail pour la Haute-Normandie, et contrôleurs du travail à l'UT76.

« Au ministère du Travail, il y a un véritable déni des cas de suicide et de la souffrance au travail en général », poursuit-il. « Nous alertons la direction depuis plusieurs années, mais rien ne change. Au contraire, le lancement de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) il y a 5 ans n'a fait que contribuer à la dégradation de nos conditions de travail. Nos missions sont désormais traduites en objectifs à atteindre, en nombre de suivis à réaliser dans un temps donné... Cela n'est pas compatible avec un traitement humanisé. Nous sommes contraints à survoler des dossiers que l'on devrait approfondir. La barre des objectifs à atteindre est si haute que cela nous déconnecte de la réalité des préoccupations des usagers du service public, qui devrait être une priorité. En tant que professionnels du droit du travail, ce qui nous inquiète, c'est que bien que nous pointions avec justesse les infractions que nous dénonçons au sein de l'Inspection du travail, cela ne change rien. Le ministère communique auprès des entreprises sur la lutte contre les risques psychosociaux, alors que ses propres services sont eux-mêmes gangrenés par le harcèlement des agents », conclut-il.

En cinq ans, l'UT76 du Havre a perdu sept postes. Une proportion importante pour un effectif passé à trente-cinq agents.

(Havre libre)

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