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Jeudi 12 Avril 2012 :
Militants face aux militaires Social. Protestant contre la convocation de l'un des leurs, la CGT s'est invitée au peloton autoroutier et de Saint-Romain. Les forces de l'ordre ont beau maintenir qu'il ne s'agissait que d'un simple rappel aux consignes de sécurité, le sang de la CGT n'a fait qu'un tour lorsqu'elle a appris la convocation de Nicolas Guermonprez, secrétaire général de la section de Renault Sandouville, devant les gendarmes du peloton autoroutier de Saint-Romain-de-Colbosc hier matin. En réponse, des dizaines de militants des unions locales d'Harfleur et du Havre se sont rassemblés à l'entrée de la gendarmerie aux environs de 9 h 30, à deux pas du péage de l'autoroute et au côté d'anciens salariés du PRV (Plan Renault Volontariat) de Sandouville. En effet, la convocation de Nicolas Guermonprez fait suite à l'opération escargot organisée lundi 2 avril, en marge de l'audience au conseil des prud'hommes opposant Renault a quatre-vingt-quatre de ses anciens employés. Parti de Sandouville, le cortège avait rejoint Le Havre en empruntant une partie de l'A 29 et de l'A 131. « Vous avez pris un axe dangereux où nous avons eu du mal à assurer la sécurité », ont tenté d'expliquer les gendarmes au cours d'un difficile dialogue avec les militants syndicaux. Pour ces derniers, la tentative d'intimidation ne fait aucun doute. « Surtout en période électorale, affirme Ludovic Leblanc, secrétaire de l'union locale d'Harfleur. Nous refusons que l'action syndicale soit criminalisée ! » « Le coupable, c'est Renault ! » Présent aux portes de la gendarmerie hier matin, Nicolas Guermonprez ne répondra finalement pas à la convocation. À l'issue du face-à-face d'environ une demi-heure entre militants et gendarmes, le délégué CGT a pris la parole. « Je vois que l'État est plus enclin à poursuivre ceux qui essaient de retrouver un peu de dignité qu'à verbaliser les vrais coupables. Le coupable de cette opération escargot, c'est Renault ! Nous avons déjà remporté une petite victoire, car le conseil des prud'hommes a pris notre affaire au sérieux. » Après l'audience de conciliation du 2 avril, de tribunal havrais jugera le litige entre Renault et ses anciens salariés le 12 juillet, une date considérée comme exceptionnellement proche. Les quatre-vingt-quatre plaignants s'estiment victimes du plan de départ anticipé qu'ils ont accepté avant que la réforme des retraites ne vienne remettre en cause. T. D. (Havre libre)
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