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Vendredi 27 Janvier 2012 :
Petroplus sur tous les fronts Social. Une enquête préliminaire pour faillite frauduleuse a été ouverte concernant la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, tandis que les salariés manifestaient hier à Rouen. L'enquête préliminaire pour faillite frauduleuse a été ouverte par le parquet de Nanterre sous le soupçon que le compte bancaire de Petroplus France a été amputé d'une centaine de millions d'euros. « En clair, les banques se seraient servies sans autorisation, commente hier Yvon Scornet, l'un des dirigeants de la CGT de la raffinerie. Avant que la faillite ne soit prononcée, elles ont récupéré cet argent. Ce qui est proprement scandaleux. Alors nous sommes satisfaits qu'il y ait une enquête ». Deux perquisitions ont été menées mercredi matin par la brigade financière de la police judiciaire parisienne, la première au siège de la filiale française de Petroplus à La Défense, la seconde à la Deutsche Bank où la société a ses comptes. Le groupe suisse Petroplus a demandé à être mis en faillite et ses filiales en France et en Allemagne ont été placées sous administration judiciaire. L'enquête diligentée par le procureur de Nanterre Philippe Courroye fait suite à la décision du tribunal de commerce de Rouen de placer mercredi en redressement judiciaire pour six mois la raffinerie Petroplus dont la direction a déposé le bilan mardi. Un administrateur et un mandataire judiciaire ont été désignés par le tribunal pour rechercher toutes les solutions permettant une relance de l'activité avec un éventuel repreneur. La raffinerie, qui emploie 550 personnes, est à l'arrêt depuis début janvier peu après le gel par les banques des lignes de crédit de Petroplus. Le groupe compte quatre autres raffineries, elles aussi concernées par la menace de faillite, à Anvers (Belgique), Cressier (Suisse), Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne). L'action Petroplus est toujours cotée à la Bourse suisse. Mercredi, elle ne valait plus que 21 centimes suisses et a perdu – 12,5 %. Le raffineur suisse Petroplus a démenti jeudi les allégations de « faillite frauduleuse » en France. « Petrolus Holding réfute […] toutes les allégations de faillite frauduleuse en France », indique le raffineur dans un communiqué. Le raffineur suisse rejette la responsabilité sur la Deutsche Bank, banque de sa société en France. Selon le groupe, elle a retiré 222 M€ et 59 millions de dollars de son compte, sans en avoir reçu l'ordre. « Aucune entité juridique de Petroplus n'a donné d'instruction ni pris de mesure pour transférer ces fonds dans ces comptes français », souligne l'exploitant. À noter enfin que les salariés de la raffinerie ont prévu de manifester jeudi 2 février devant le siège de l'union française pour l'industrie pétrolière (Ufip). Les banques dans le collimateur Manifestation peu ordinaire hier dans les rues de Rouen. Ce n'est pas à pied mais en voiture que les salariés de Petroplus ont manifesté hier après-midi pour défendre leur outil de travail. Environ 200 véhicules, emmenant une grande partie des 550 salariés, sont partis du site couronnais vers 14h pour traverser ensuite Rouen, avec une artère de choix : la rue Jeanne-d'Arc et sa dizaine de banques qui pourront le coup avaient décidé de fermer « momentanément ». Parce que pour les salariés, emmenés par leur intersyndicale CGT-CFDT, CFE-CGC, c'est bien « le groupe suisse et les banques qui ont organisé le pillage de l'entreprise ». À l'appui de leur mouvement, et pour sensibiliser les passants, les manifestants ont lancé et éparpillé des milliers de faux euros, privilégiant de surcroît les entrées de banques et leurs boîtes aux lettres. En toile de fond, c'est bien le lâchage des banques que dénoncent les salariés de Petroplus dont l'usine a été placée en redressement judiciaire mercredi pour six mois. « Il faudrait soutenir les politiques industrielles, les emplois, les financer. Il faudra l'imposer !, martèle la CGT. Car les marchés financiers ne seront jamais satisfaits. Il leur faudra toujours plus ». La Banque de France rue Lecanuet, les grands boulevards, puis retour à Petit-Couronne par la Sud 3 sur la rive gauche, le cortège a considérablement ralenti, voire stoppé à certains endroits, la circulation dans Rouen. Nous, on veut rester confiant. L'usine peut tourner, après quelques travaux, et l'aval de l'administrateur judiciaire, et retrouver surtout un bon repreneur », souffle un salarié. M. B. (Havre libre)
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