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Vendredi 27 Janvier 2012 : Les Petroplus en manif à Rouen La raffinerie de Petit-Couronne a été placé mercredi en redressement judiciaire. Environ deux cents salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne et d'autres entreprises voisines ont manifesté hier dans les rues de Rouen, sur les questions d'emploi et de partage des richesses. Venus en voitures, ils ont d'abord bloqué les ponts sur la Seine puis ont remonté la rue du centre-ville où sont installées les banques, en distribuant de faux billets de banques avec des slogans comme « Ça suffit », « Taxation des produits financiers », ou « Prospérité pour les financiers, austérité pour les salariés ». L'intersyndicale continue de bloquer les stocks de produits raffinés. La semaine a été mouvementée pour les Petroplus (550 salariés directs sur la raffinerie, plus de 400 sous-traitants directs et 1000 emplois induits), qui ont appris mardi le dépôt de bilan de la société suisse, tandis que, mercredi, le tribunal de commerce de Rouen a placé la raffinerie de Petit-Couronne en redressement pour six mois, période qui devrait être consacrée à la recherche d'un repreneur. Mardi, le porte-parole CGT de l'intersyndicale de la raffinerie, Yvon Scornet, avait prévenu, avant d'être reçu à Bercy par le ministre de l'Industrie, Éric Besson, que la colère des salariés. « Jetés après trente ans de raffinerie », risquait de monter : « Si rien ne se passe, si ça commence à être le découragement, certains salariés sont prêts à faire péter la baraque », avait-il déclaré, en précisant que l'intersyndicale continuait de bloquer les stocks de produits raffinés (200 millions d'euros). Hier, on apprenait aussi que le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour faillite frauduleuse concernant le site de Petit-Couronne, la justice soupçonnant que le compte bancaire de Petroplus France a été amputé d'une centaine de millions d'euros. Deux perquisitions ont été menées par la police judiciaire, au siège de Petroplus France à la Défense, et à la Deutsche Bank, où la société a ses comptes. Fanny Doumayrou (l'Humanité)
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