> Presse —> L'UMP veut livrer la formation des enseignants au privé |
Lundi 23 Janvier 2012 :
L'UMP veut livrer la formation des enseignants au privé Le député Jacques Grosperrin a déposé, avec l'assentiment du gouvernement, une proposition de loi qui permettrait aux officines privées de concurrencer les universités. En novembre dernier, le Conseil d'État avait retoqué une partie de l'arrêté de mai 2010 instaurant la réforme très contestée de la formation des maîtres. Et demandé au ministère de l'Éducation nationale d'entamer une concertation pour remédier aux effets de cette annulation. Mais plutôt que de négocier, la rue de Grenelle préfère agir en catimini. C'est ainsi que le 10 janvier dernier, une proposition de loi a été discrètement déposée par le député Jacques Grosperrin (UMP). Proposition qui, comme de bien entendu, a été immédiatement mise à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, qui en débattra le 8 février... Au-delà de ces mauvaises manières, le texte de l'élu, déjà connu pour avoir proposé la suppression des concours de recrutement des enseignants, brade l'avenir des IUFM et ouvre la voie à une privatisation larvée de la formation des professeurs. Le premier des quatre aux articles réécrit ainsi le Code de l'éducation en remplaçant dans le texte « la formation des maîtres est assurée par les IUFM » par « la formation des maîtres est assurée notamment par les universités » (article L6 125 -1). Un « notamment » qui permettrait, potentiellement, d'offrir aux officines privées une part du gâteau... Ce même article supprime également toute référence au « cahier des charges » de formation qui se trouve remplacé par un simple « référentiel », aux contraintes beaucoup moins fortes. Chaque université – ou organisme privé – serait ainsi apte à proposer aux étudiants sa propre formation pourvu qu'elle respecte ces exigences minimales. Syndicats et élus d'opposition dénoncent logiquement une rupture du cadre national. « Nous craignons que le gouvernement déclare une procédure accélérée sur ce texte, avec la volonté de le faire aboutir à tout prix avant la fin de la législature », alerte la députée communiste Marie-Hélène Amiable, au nom du groupe GRD. Laurent Mouloud (l'Humanité)
|