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Mercredi 18 Janvier 2012 :

Emploi : le triptyque gagnant du Front de gauche

En campagne, le candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, déroule un plan pour l'emploi en trois axes.

Il y tient, Jean-Luc Mélenchon ; sur l'emploi, le Front de gauche est solide sur ses pieds. Démonstration en trois temps pour relancer l'économie par l'activité. En premier lieu, « définanciariser l'économie » par la taxation des revenus financiers des entreprises, d'abord, l'interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficiaires, ensuite. L'impôt sur les sociétés et les cotisations sociales seraient modulés selon la politique d'emploi, de salaires et d'investissement des entreprises. Plus de salaire supérieur à 20 fois le salaire le plus bas. L'État redevient stratège avec une présence renforcée dans le capital d'entreprises stratégiques pour leur sauvegarde et leur développement.

Deuxième axe, « produire autrement, relocaliser et réindustrialiser ». La « planification écologique », juge Jean-Luc Mélenchon, « n'est pas l'ennemie de l'industrie », elle consiste, « quand tous les autres abaissent le coût du travail comme depuis vingt-cinq ans », à « partir des besoins » pour ne pas produire d'abord et tâcher de vendre ensuite. C'est aller donc à rebours de la logique de l'offre pour privilégier celle de la demande, pour répondre à des objectifs sociaux et environnementaux. À l'appui de cette politique, le candidat du Front de gauche entend y adjoindre « des protections sociales et environnementales » telles qu'une taxe sur les productions délocalisées, ou pour pénaliser les productions lointaines. Un pôle financier public servira à financer l'investissement des entreprises.

Troisième axe, « donner de nouveaux droits aux salariés ». Recueillir l'avis des représentants du personnel pour les décisions stratégiques, accorder un droit de veto suspensif aux élus du personnel en cas de fermeture ou de délocalisation sont quelques-unes de mesures du programme l'Humain d'abord. Tout comme le soutien public au « droit de reprise de l'activité par les salariés en coopérative ». « Les Scop, explique Clémentine Autain (Fase), se déploient dans le marché réel. Elles n'ont pas, à elles seules, les réponses à tous les dérèglements du néolibéralisme, mais elles doivent faire partie d'une politique qui cherche une alternative aux désordres actuels. »

Dans l'immédiat, une augmentation du Smic horaire le portera à 1700 euros brut, c'est une pièce de « deux euros » de plus par heure, rappelle Jean-Luc Mélenchon, la brandissant même jeudi dernier sur France 2. Pour soutenir l'activité, il entend recourir à un « emprunt forcé » sur les banques, « la loi le permet déjà », tout en défendant en Europe l'idée que la Banque centrale européenne puisse prêter directement aux États « au même taux qu'elle prête aux banques, c'est-à-dire à 1% ».

L. V.

(l'Humanité)

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