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Samedi 14 Janvier 2012 :

 

Un dimanche dur à encaisser

Social. Les salariés des deux magasins havrais du groupe Dia étaient hier en grève. Ils dénoncent « l'inacceptable ».

Les employés havrais de la chaîne de distribution alimentaire Dia ont hier massivement répondu à l'appel national de la CGT. Sur les deux supermarchés que compte la ville, à Caucriauville et à la Mare-Rouge, la grève a en effet été suivie « pratiquement à 100 % », selon Christelle Guise, déléguée syndicale CGT de l'entreprise : « Même des gens en repos sont venus... »

Au Havre, ces salariés sont peu nombreux, une dizaine pour chaque hard discount. Tous s'étaient donné rendez-vous devant le magasin de la Mare-Rouge où des militants de la centrale syndicale d'autres secteurs les ont rejoints par solidarité (ISS, Sidel, les privés d'emploi, les finances et l'hôpital publics). On comptait aussi des élus de gauche comme Nadine Lahoussaine et Mireille Garcia, venues apporter leur soutien.

Le profit stigmatisé

« C'est non et encore non, on a le droit d'avoir une vie de famille ! » lançait une employée, excédée par le nouveau projet de la direction d'ouvrir ses magasins le dimanche matin. « Et sans augmentation de salaire », s'indignait une autre.

En fait, le ras-le-bol général. Les salariés se plaignent tout autant des conditions de travail que du manque de personnel. « On est obligé de tout faire, décharger les camions, remplir les rayons, tenir les caisses ou s'occuper de l'administratif. »

Une situation qui n'enchante pas non plus les clients. « Certains ne viennent plus parce qu'ils ne trouvent pas ce qu'ils recherchent. Faute de temps, les palettes restent dans la réserve ! Et aux caisses, c'est aussi la galère. Le samedi, il faut souvent patienter une bonne demi-heure ! »

La crainte des pressions

Même si ce travail dominical doit s'établir sur la base du volontariat, les employés craignent les pressions. « La chaîne licencie pour des raisons très variables et abusives, explique la déléguée syndicale. De plus, la mise en location-gérance qui se généralise fait que des unités sortent du groupe. Ça déguise les licenciements. On laisse le soin aux gérants de se débarrasser d'une partie des salariés. Enfin, on demande au personnel d'augmenter sa productivité de 20 % avec cette menace sous-jacente la fermeture. C'est du chantage ! »

Présente au côté des grévistes, Anita Menendez, de l'Union locale CGT, dénonçait « ces boîtes où plus personne ne travaille à plein-temps ». « Elles adaptent le temps partiel comme elles le souhaitent avec les conséquences sociales que l'on peut imaginer. Ce sont des calculs de technocrate et, au final, tout ceci ne génère pas d'emploi ! »

B. S.

(Havre libre)

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