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Lundi 9 Janvier 2012 :
« Porter haut les intérêts des classes populaires » Le gouvernement n'a pas fait grande publicité concernant l'inscription sur les listes électorales. Pourtant, le vote et la participation des couches populaires, notamment, est la condition de la légitimité des élections. Je considère que le vote des classes populaires, notamment pour nous, mais plus globalement pour la démocratie, c'est la condition de la légitimité. Sur le fond, la question du vote et de la mobilisation des classes populaires est liée au sentiment de l'utilité ou de l'inutilité de leur vote. Dans « la Légende de demain », Albert Jacquard nous rappelle cette phrase d'un ministre des Finances du Front populaire : « La Bourse, je la ferme, les boursiers, je les enferme », et de poursuivre que ni lui ni son successeur n'ont mis cette menace à exécution. Au contraire, la finance a pris le pas sur le pouvoir politique, la démission des autorités issues du suffrage universel a été totale et, dès les années 1980, les gouvernements ont renoncé devant les ukases des marchés. Parallèlement, les États, notamment européens, se sont volontairement privés de toute possibilité d'intervention sur la monnaie et ont subordonné leur politique au respect des critères monétaires (les banques centrales ont perdu leurs prérogatives, la Banque centrale européenne est devenue indépendante des gouvernements et l'Union européenne à acté la soumission des États aux impératifs économiques fixés par Maastricht). Du coup, la démocratie a été vidée d'une part importante de son contenu et les populations sont certes appelées aux urnes, mais pour élire ceux qui mettent en forme des politiques et des logiques décidées par d'autres. Il nous faut donc redonner du sens, de la lisibilité à la décision politique, au volontarisme politique, à l'audace politique ; parler juste, porter la question essentielle de la redistribution des richesses, du renouveau industriel, de l'État protecteur, de l'État bouclier social... Bref, aborder par des réponses concrètes les problèmes de fond, ceux qui touchent vraiment le quotidien et l'avenir des citoyens. Tout est possible, il suffit de vouloir et de cesser de faire de la politique comme on fait des mathématiques. Il existe une unité du peuple français face aux inégalités, et la politique menée par Sarkozy a renforcé cela. Une grande partie de la gauche, une trop grande partie de la gauche, a abandonné le concept de lutte des classes, qu'il convient donc de réactualiser à partir de ces réalités économiques et sociales d'aujourd'hui. La gauche, pour qu'elle mérite de porter son nom, ne doit pas renoncer, mais au contraire porter haut les intérêts des classes populaires, les intérêts de ceux qui sont les plus fragiles, de tous ceux dont elle a vocation à être l'expression. Il nous faut rétablir des liens entre la France et ses usines, redonner la parole aux habitants, pas seulement en période électorale, mais sur tous les sujets qui les concernent de manière à redonner du sens à l'engagement politique. Le fossé qui existe aujourd'hui entre les aspirations sociales et représentations politiques est devenu insupportable pour le peuple de gauche. Faire du neuf, c'est être aujourd'hui porteur d'une conception de la politique où ce faussé disparaît. (L'Humanité Dimanche)
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