> Presse  —> Ces Havrais qui partent

 

Lundi 9 Janvier 2012 :

Ces Havrais qui partent

DEMOGRAPHIE. Au 1er janvier 2012, Le Havre compte 179 783 âmes, soit 1 549 de moins que l'an dernier. Plus inquiétant, la Codah et la proche région perdent aussi des habitants.

Où s'arrêtera la chute ? Alors que la municipalité du Havre espérait stopper la baisse démographique au Havre, elle ne peut que constater les chiffres publiés au 1er janvier 2012 par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui s'appuie sur des données de 2009.

Des chiffres qui ne sont pas bons pour la ville du Havre, qui est passée sous la barre des 180 000 habitants (179 783) avec la perte de 1549 administrés en un an (*). Pas bons non plus pour l'agglomération qui compte désormais 244 757 habitants, soit 1327 de moins que l'année dernière. Sollicitée pour réagir aux chiffres de l'Insee, la mairie du Havre n'a pas été en mesure de nous répondre.

« C'est une constante préoccupante depuis plusieurs années et ce n'est pas un signe de bonne santé, s'inquiète, pour sa part Daniel Paul, conseiller municipal communiste. En janvier 2000, la population légale était de 193 259. Cela fait apparaître une déférence de 14 000 habitants en moins sur douze ans. »

Le logement, le pouvoir d'achat ou encore l'emploi seraient en cause. « Le coût du logement au Havre est un élément négatif qui pèse, estime l'élu. Nous avons toujours été attentifs à ce que la ville soit attractive mais aujourd'hui, malgré tous les grands discours, cela ne se traduit pas en tout cas par une arrivée de

populations. »

Laurent Logiou, conseiller municipal socialiste met, lui, directement en cause la municipalité. « Depuis que je suis au conseil, je dénonce, tout comme l'équipe qui était là avant, l'incohérence urbaine de la politique menée depuis dix ans. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons voté contre le plan local d'urbanisme. »

« Je pense que les choix de vouloir modifier la ville sans avoir une vision globale font qu'aujourd'hui les gens s'en vont. Dans toutes les grandes villes qui se sont développées en termes d'habitants, on a d'abord réfléchi au réseau de transports en commun et, après, on a commencé à rénover », poursuit-il.

Reste qu'aujourd'hui, la ville s'éloigne du cap des 200 000 habitants, synonyme de dotations plus élevées de la part de l'État. « Et plus on perd d'habitants, plus on perd de recettes fiscales », rajoutent Laurent Logiou et Daniel Paul.

Pendant ce temps-là, la rivale voisine qu'est Rouen continue d'attirer des nouveaux habitants. Ainsi la ville aux 100 clochers a gagné 1323 habitants entre 2008 et 2009, soit près de 3000 ces trois dernières années.

Vanessa Leroy

(*) Les chiffres indiqués comprennent

la population municipale et la populations

comptée à part (étudiants, les personnes hébergées

en maison de retraite, les militaires vivant dans une caserne...).

(Havre libre)

  haut de page