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Samedi 7 Janvier 2012 :
Mélenchon, la main à la pâte Politique. Le candidat du Front de gauche a passé plus d'une heure avec les M-Real. Arpentant l'usine de pâte à papier, il a dénoncé « un patron voyou qui sabote toute reprise ». Son écharpe rouge claque au vent mauvais qui balaye la vallée de la Seine et gonfle les banderoles d'une usine où le combat contre la fermeture dure depuis des mois. Chez M-real, « la machine à broyer du plan social est en marche » lâche Jean-Yves Le Mahieu, délégué CGT. 330 salariés du groupe finlandais sur le carreau d'ici le printemps. « Avec les sous-traitants, c'est un séisme pour 600 familles » résume Thierry Philippot à Jean-Luc Mélenchon tout juste descendu du minibus qui l'amène de la raffinerie Petroplus où le candidat du Front de gauche à la présidentielle a passé la matinée « Votre patron est un voyou. À chacun des projets avancés par des repreneurs, il oppose l'inertie, la dérobade ». Jean-Luc Mélenchon hausse le ton. « Quand je parle d'expropriation, on me regarde de haut. Ici, c'est concret. À nous de nous battre pour pousser l'État à changer la loi et interdire tout licenciement dans une entreprise pour laquelle il y a des repreneurs ». Le rapide tour de table avec les représentants syndicaux, en présence de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, prend fin et le candidat du Front de gauche grimpe sur une estrade improvisée avec des palettes. « C'est tout de même extraordinaire, si on arrête cette machine – la plus performante de France – on ne produit plus un gramme de pâte à papier dans ce pays. Cela justifie une décision extraordinaire : la réquisition ! » tonne le tribun. Sous des acclamations nourries, Jean-Luc Mélenchon s'enfonce au pas de charge dans la papeterie. Au sourd ronronnement des bobines s'ajoute le claquement des tapis où défilent des ramettes. Le candidat monte sur les passerelles qui cernent l'impressionnante machine. Et il tend l'oreille pour ne rien perdre des projets de reprise égrenés par Jean-Yves Le Mahieu afin que batte encore ce cœur d'acier. Biomasse, ambitieux programme d'agrocarburant justement développé avec la raffinerie toute proche de Petroplus, Jean-Luc Mélenchon est formel. « Ici aussi, ce sont les ouvriers qui portent la dimension écologique. Prenez le pouvoir, prenez le pouvoir, je suis avec vous » scande le candidat. Et hier, les M-real l'ont cru et retenu pour parler, parler encore « de tout ce gâchis ». Christophe Preteux (Havre libre) Opposition de style chez Petroplus Avant de se rendre en début d'après-midi sur le site de M-Real, (lire ci-dessus), Jean-Luc Mélenchon avait rendez-vous avec les salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (76), mise en arrêt temporaire depuis lundi 2 janvier. Et il n'était pas le seul candidat à la présidentielle, ce vendredi, à manifester sa solidarité aux salariés couronnais. À quelques minutes d'intervalle, Hervé Morin (Nouveau Centre) arrivait lui aussi, accompagné de la Sénatrice de Seine-Maritime, Catherine Morin-Desailly. Durant deux heures, chacun des candidats a pu s'entretenir, sans jamais se croiser, avec les représentants de l'intersyndicale. Dans une belle opposition de styles. Hervé Morin et Jean-Luc Mélenchon ont ainsi fait entendre la nécessaire indépendance énergétique de la France et la défense de l'outil industriel, victime « d'un système bancaire qu'il faut revoir » (Hervé Morin), voire « pourri jusqu'à la moelle » (Jean-Luc Mélenchon). Si le député de l'Eure a insisté pour se présenter comme « élu régional », le candidat du Front de gauche n'a pas manqué de pousser les frontières du débat qui occupe Petroplus aux limites de la campagne présidentielle. « Je ne veux pas polémiquer puisque les syndicats nous l'ont demandé, mais nous savons tous que le gouvernement ne fait rien », a lancé Jean-Luc Mélenchon après le départ d'Hervé Morin, soulignant au passage que « la question de l'avenir industriel, ce ne sont pas que des belles phrases, le temps d'une campagne ». À l'heure de l'assemblée générale que tiennent chaque jour les salariés de la raffinerie, le discours du Front de gauche a fait exploser l'applaudimètre, Petroplus devenant dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, « emblématique d'une question nationale ». P. B. (Havre libre)
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