Samedi 21 Mai 2011:
SOCIAL. Hier matin, les
agents se sont invités au comité technique d'établissement du Groupe
hospitalier du Havre.
Une centaine d'agents
hospitaliers ont fait part de leur colère à la direction (photo
Christian Cariat)
Ils étaient près d'une
centaine à envahir, hier matin, la salle de direction de l'hôpital
Flaubert, où se déroulait le comité technique d'établissement du
Groupe hospitalier du Havre. Une manifestation qui fait suite à
l'assemblée générale, qui s'est tenue le 12 mai à l'hôpital
Pierre-Janet, où, déjà, une centaine d'agents en psychiatrie
s'étaient réunis pour évoquer leurs conditions de travail.
« Rien ne justifie la réduction des moyens pour la psychiatrie,
tonne le syndicat SUD. Elle est financée, hors budget tarification à
l'activité, par dotation globale. L'enveloppe de la filière
psychiatrie et santé mentale n'a pas été revue à la baisse par
l'Agence régionale de santé en 2011. »
Une bataille de chiffres
Aujourd'hui, une bataille de chiffres est engagée entre les
syndicalistes et la direction, chacun avançant des données
différentes. Les premiers - citant les chiffres du rapport de la
Cour des comptes publié en 2010 - accusent les seconds de
trente-trois suppressions de postes. « Avec les moyens que vous
retirez, nous allons nous retrouver avec des moyens inférieurs à
2009 », souffle Pierre Cueiuille, du syndicat SUD.
Mais pour Philippe Paris, « C'est du vent ». « Les effectifs sont
stables depuis septembre-octobre 2010. Actuellement, nous comptons
647 présents. Nous étions descendus, en octobre 2009, à 627 présents
», indique le directeur, qui vient de dénoncer le contrat de pôle
psychiatrie et a comme objectif de réorganiser la filière. « Ce qui
est vrai, c'est que la psychiatrie est financée par une dotation
annuelle et qu'elle est en excédent. Cela supposerait pour les
syndicats que nous n'avons pas de droit de regard. Là, je ne suis
pas d'accord », ajoute-t-il, préoccupé par le déficit cumulé du GHH
estimé à 43,5 millions d'euros.
Autre sujet brûlant pour les agents de Pierre-Janet : l'absence de
sécurisation des transferts des détenus du centre pénitentiaire
jusqu'à l'hôpital psychiatrique. « Nous tenons à notre peau », lance
un agent. « Il n'y a pas encore mort d'homme », glisse un autre,
ironiquement, à l'évocation d'une éventuelle complicité qui pourrait
intervenir pour faire évader un détenu sur le trajet.
« C'est une vraie question »
Conscient de ce problème, Philippe Paris a écrit au préfet, mais
aussi au directeur de l'ARS. « C'est une vraie question. Nous
n'avons pas une mission sécuritaire, mais de soins. Je sens que ce
n'est facile pour personne, que nous sommes face à des difficultés
d'organisation pour tout le monde, la santé, la police et la
pénitentiaire. » Les personnels, eux, évoquent la possibilité
d'invoquer leur droit de retrait s'ils estiment que leur vie est en
danger.
La réorganisation des urgences a également été au cœur des débats
entre les syndicats et la direction. « Il y a une chose importante,
c'est la sécurité des gens que nous soignons et celle des gens qui
travaillent à l'hôpital », clame un agent.
Vanessa Leroy
(source Havre Libre)
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