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Mardi 17 Mai 2011:

 

Inquiétude au Pôle Emploi

Social. Avec les nouvelles mesures décidées, SUD craint une grave dégradation du service public.

« Nous avons l'impression d'être sacrifiés sur l'autel de la réussite d'une mesure purement politique. Nous ne sommes pas dupes. À un an de la présidentielle, il est essentiel d'afficher de bons résultats en matière de maîtrise du chômage. La réalité est toute autre ». À travers cet amer constat Franz Winzberger et Alain Pimoulle, deux représentants de Solidaires SUD Emploi Haute-Normandie, dénoncent les conséquences de la fusion des Assedic et de l'ANPE sous la bannière Pôle Emploi.

« C'est le mariage de la carpe et du lapin. D'un côté le privé, de l'autre le public, culturellement ça ne pouvait pas fonctionner. Au bout de deux ans, l'échec est évident. Mais le pire reste à venir ». SUD dénonce effectivement une nouvelle mesure : l'EID (Entretien Inscription Diagnostic) qui va remplacer la procédure d'inscription actuelle. Une inscription qui se déroulait jusqu'à maintenant en deux temps, pour une durée d'une heure partagée entre l'étude des droits avec un ex-Assedic et la préparation du retour à l'emploi avec un ex-ANPE. Cette pratique de disparaître. Un agent va traiter les deux volets. « Nous ne sommes pas en mesure de faire correctement les deux métiers. Il faut au moins deux ans de formation pour maîtriser les spécialités complexes des uns et des autres. Nous ne serons pas en mesure d'apporter toutes les réponses aux demandeurs d'emploi. Ça va être très chaud dans les agences d'autant que dans le cadre de l'EID, l'usager ne connaîtra pas le montant de son indemnisation, c'est pourtant une information essentielle qu'il est en droit de savoir. »

L'escalade de la violence

Les deux syndicalistes sont malheureusement convaincus que la situation va devenir explosive dans les agences. « Nous allons déjà travailler la peur au ventre, ça va encore empirer. Le service public va encore plus se dégrader au détriment du demandeur d'emploi et de l'agent. ». Trop de temps d'attente, des radiations injustifiées, des questions sans réponse entraînant des réactions lourdes. « Depuis un an, nous constatons que les agressions sont plus nombreuses et plus violentes. Dans l'agence du quartier de l'Eure, après deux agressions, un vigile a assuré la sécurité pendant deux semaines. Face à cette escalade, nous demandons à la direction d'assurer notre protection ».

ST. R.

(source le havre libre)

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