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Lundi 16 Mai 2011:
Chez Carrefour Market, la grève fait un carton Dans plus de 300 magasins sur 500 en France, les salariés ont débrayé, samedi, à l'appel de la CGT pour faire pression sur les négociations salariales qui s'ouvrent mercredi. Le succès du mouvement a surpris la direction... et la CGT elle-même, qui appelait, samedi, les salariés des Carrefour Market à débrayer au moins deux heures pour les salaires, alors que les négociations annuelles débutent mercredi. Selon le syndicat, majoritaire dans cette filiale du groupe Carrefour, des actions ont eu lieu dans plus de 300 magasins, soit les deux tiers des 500 Carrefour Market. « Nous avons appris que des salariés ont aussi débrayé dans des magasins où la CGT n'est pas présente, c'est dire le ras-le-bol », se félicite Laurent Lamaury, délégué syndical en Île-de-France. Le mouvement fait suite à celui qui a secoué les hypermarchés du groupe le 9 avril dernier. « La direction leur a accordé une augmentation de 2 %, une prime de deux cents euros, et ils ont les tickets restaurant. Nous, on est dans la même société mais on a l'impression d'être les parents pauvres », résume une gréviste du magasin de Montrouge (Hauts-de-Seine). Ici, les caissiers et les employés de rayon, payés au smic, et même les managers (agents de maîtrise) sont sortis à 99 % pour un débrayage de deux heures. À la sortie, les grévistes font signer des pétitions aux clients. L'accueil est bon, « car on les connaît bien, c'est comme une famille », soulignent les caissières. Aline, trente-sept ans de maison et très bientôt à la retraite, confirme que c'est la première grève dans ce magasin, un ancien Champion racheté par Carrefour en 2006. « Depuis que c'est Carrefour, le management est plus dur. Ils nous reprochent l'ambiance trop familiale. Mais on résiste ! » « Les Carrefour Market font de très bons résultats, mieux que les hypers. Alors si la direction ne cède pas quelque chose, on recommence la grève », ajoute une collègue. Finalement, les grévistes décident de prolonger le débrayage d'une heure pour que le directeur, qui s'est mis à la casse, « se rende compte à quel point le boulot est pénible » Fanny Doumayrou (source l'Humanité)
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