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Vendredi 13 Mai 2011:
Malaise à Pierre-Janet Santé. Hier, les personnels de la filière psychiatrique étaient réunis en assemblée générale. Ils dénoncent des suppressions de postes et les transferts des détenus sans escorte. L'inquiétude grandit dans les rangs des personnels de psychiatrie du Groupe hospitalier du Havre. En cause : la suppression par la direction de trente-trois postes dans la filière mais aussi la décision récente du directeur du centre pénitentiaire du Havre de ne plus accompagner le transfert des détenus placés en hospitalisation d'office jusqu'à l'hôpital Pierre-Janet par des surveillants de la prison. D'où la convocation, hier après-midi, par l'intersyndicale, d'une assemblée générale, qui a réuni une centaine de personnes. Côte à côte, infirmiers et médecins ont dénoncé la décision prise par Philippe Paris, le directeur du GHH. « Toute réduction de poste viendra perturber les missions que l'on nous donne en intra et surtout en extra-hospitalier », tonne le Dr Marc Jouy, psychiatre et porte-parole de la quasi-totalité de ses confrères de l'hôpital Pierre-Janet. « Avant la construction de la nouvelle prison, nous avions 658 postes. Des postes ont été créés, dès l'ouverture, pour arriver à 677. Là, alors que nous sommes face a une crise terrible à la prison, il y a une baisse des moyens puisque nous n'avons plus que 644 postes », ajoute Pierre Cueiuille du syndicat Sud. Selon William Durocher, directeur adjoint, ces nouveaux chiffres ne prennent plus en compte l'absentéisme naturel et représentent « Une moyenne des effectifs constatés ». Dans un courrier adressé au directeur du GHH, Le Dr Alain Fuseau, chef de la psychiatrie, constate que « le pôle ne peut fonctionner à court terme sans une remontée minimale de son niveau d'effectifs ». D'où sa demande « de fermer au 15 mai deux unités de soins, à savoir l'équipe mobile précarité santé mentale et l'équipe mobile de consultations psychiatriques et de prévoir la réaffectation des sept agents sur des sites prioritaires, en particulier l'hospitalisation temps plein [...] Mon souci est aujourd'hui d'assurer un niveau d'effectif suffisant, garantissant les soins et la sécurité de chacun, patients et soignants, dans les unités d'hospitalisation. » La réaction de la direction ne s'est pas faite attendre. « J'avoue tout de même être étonné, répond Philippe Paris. Il me semblait que lors de notre rencontre du 10 mars, nous avions eu une vision commune de très fortes contraintes financières qui pèsent sur l'établissement et de la nécessité de résorber le déficit cumulé par l'ensemble des pôles du GHH, y compris la psychiatrie. » Mais pour les personnels, ce n'est pas à l'hôpital Pierre-Janet de combler le trou. « Le budget de la psychiatrie est aujourd'hui excédentaire, indique Pascal Lapied du syndicat CGT. Nous devons disposer de nos moyens. » « Les crédits de la psychiatrie sont à dotation globale est destinés à la filière et non à renflouer le déficit de l'hôpital » ,ajoute le Dr Marc Jouy. L'assemblée générale a décidé l'envoi d'une lettre à l'Agence régionale de santé. Un débrayage et un rassemblement devraient également avoir lieu, vendredi 20 mai, à l'occasion de la réunion du comité technique d'établissement. Vanessa Leroy (source le havre libre)
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