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Dimanche 8 Mai 2011:

L'Élysée a déclenché l'opération maquillage de sa politique

Le bilan mis en ligne par la présidence de la République vante « quatre ans d'action » du chef de l'État. Mais ne dit rien des reculs et tromperies de l'appareil de l'État UMP.

À un an de l'élection présidentielle, il est temps de rendre le bilan présentable. C'est le but de la présidence, affiché dans son document « Quatre ans d'action » mis en ligne sur Internet. De ces quatre ans, les Français retiennent surtout les croquignolesques aventures de l'appareil d'État UMP.

À peine élu, le président du pouvoir d'achat donne des gages aux puissances de l'argent, du dîner de victoire au Fouquet's avec le gratin du CAC 40 au soir du 6 mai 2007, à la récente affaire de la ministre Christine Lagarde, bénéficiant d'un allégement de l'impôt sur la fortune selon une disposition votée par elle-même ; en pensant par la « retraite » méditative à l'été 2007 sur le yacht de son ami milliardaire Vincent Bolloré, les dispendieuses fêtes du 14 juillet, au plus grand profit de ses amis grassement payés Michel Polnareff ou Johnny Hallyday...

Une proximité avec le monde de l'argent qui va prendre un tour judiciaire à l'été 2010, lorsque le trésorier de l'UMP et ministre du Travail Éric Woerth sera au cœur d'un conflit d'intérêts – qui lui coûtera sa place au gouvernement fin 2010 – mettant en scène la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de l'empire L'Oréal et patronne de son épouse. Ajoutons qu'elle était donatrice du Premier Cercle de l'UMP et première bénéficiaire du bouclier fiscal voulu par le président des riches...

C'est l'aspect le plus visible de la mandature Sarkozy : la mise en place de lois pour les plus aisés, électorat chouchouté. Avec feu le bouclier fiscal, permettant aux contribuables parmi les plus riches de récupérer une part de leur impôt, comme symbole le plus flagrant des inégalités. À ce titre, classes populaires et moyennes s'appauvrissent. C'est l'effet miroir.

Sur le plan international, le bilan chef de l'État n'est pas plus reluisant : il se cache derrière « la plus grave crise économique et financière depuis la Seconde Guerre mondiale » pour masquer l'échec de la France à la tête de l'Union européenne, puis du G20. Mais la crise n'a rien à voir avec la désastreuse guerre en Afghanistan (déjà 55 soldats français tués) ou la gestion calamiteuse des révolutions arabes. Du « savoir-faire » en matière de répression, expression lâchée par l'ex-ministre des Affaires étrangères Michel Alliot-Marie, qui proposait une aide matérielle au régime Ben Ali début 2011, aux bombardements des troupes du dictateur libyen, ex-ami de l'Élysée, par les Rafale français, sans mandat de l'ONU, la France semble naviguer à vue. Comme si le pilote avait la tête ailleurs. En 2012, déjà ?

Grégory Marin

(source l'Humanité)

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