> Presse —>travaux pénibles, les dockers gagnent |
Samedi 7 Mai 2011:
Travaux pénibles, les dockers gagnent Après plus de deux ans de négociations et un dur conflit, la CGT des ports et docks et le patronat ont conclu un accord de départ en retraite pour travaux pénibles, jusqu'à trois ans avant l'âge légal. Merci les dockers ! Au terme d'un âpre conflit, les salariés des ports viennent de remporter, avec leur fédération CGT, une victoire sociale qui devrait faire date et pourrait servir de référence dans nombre d'autres secteurs professionnels. Au terme de deux ans et demi de négociations, la CGT et les deux organisations patronales de la branche, l'UPF et l'Unim, ont ratifié une nouvelle convention collective unifiée, couvrant quelque 10 000 salariés. Cette convention était la contrepartie sociale, exigée par le syndicat, de la réforme des ports imposée par le gouvernement en 2008, contre l'avis de la CGT. Elle contient « de nombreuses avancées »,au rang desquelles un dispositif de cessation anticipée d'activité pour travaux pénibles. C'est ce sujet qui avait déclenché un vif affrontement social dans les ports au début de l'année. En effet, alors que patronat et syndicat étaient parvenus, en octobre dernier, à un accord sur un départ anticipé de quatre ans pour pénibilité, le gouvernement l'avait fait capoter, en invoquant la réforme des retraites, votée en novembre, qui elle, ne reconnaît pas la pénibilité mais seulement l'invalidité comme motifs pouvant ouvrir droit à une retraite précoce. À s'en tenir à cette réforme, les dockers et, avec eux, tous les salariés dont la pénibilité du travail a des effets différés sur la santé et réduit leur espérance de vie (de sept à huit ans pour les salariés des ports par rapport à la moyenne, selon des études) ne pouvaient prétendre à un départ anticipé compensant cette injustice. L'accord qu'ils avaient négocié fin 2010 était donc, pour le gouvernement, le mauvais exemple à ne pas laisser passer. Peine perdue, finalement. La nouvelle convention instaure un dispositif accordant jusqu'à trois ans d'anticipation sur l'âge légal de départ à la retraite, pour dix-huit ans d'ancienneté. Aucune condition d'incapacité ou d'invalidité n'est imposée. De 6000 à 7000 salariés portuaires soumis à la pénibilité sont potentiellement concernés. Cet accord, à durée indéterminée, qui se cumule avec l'accord amiante et le dispositif invalidité de la dernière réforme des retraites, est presque entièrement financé par les employeurs, les salariés s'acquittant d'une cotisation symbolique limitée à 0,1 % du salaire. « Un pas historique a été fait pour la profession avec la reconnaissance de la pénibilité », a souligner Tony Haubois, secrétaire général de la CGT des port et docks, devant la presse, mercredi soir. Et le syndicat espère bien « améliorer » cet acquis, à la faveur de la clause de revoyure, dans quatre ans, et porter l'anticipation à quatre, voire cinq années. Le climat social devrait sortir « apaisé » de cette épreuve, estime Tony Hautbois, même si les questions de l'emploi et du développement des ports reste posées. Les projets promis lors de la réforme portuaire en 2008 tardent à se concrétiser. Or, bien plus que la conflictualité sociale – dont le dernier épisode est entièrement imputable au gouvernement -, les ports de l'Hexagone souffrent « depuis trente ans d'un manque d'investissements, privés et surtout publics, et du manque d'une politique maritime », observe la CGT évoquant leur enclavement et le besoin d'aménagement routiers, ferroviaires, fluviaux. Yves Housson (source l'Humanité)
|