> Presse  —>Un siège pour des classes

 

Samedi 9 Avril 2011:

 

Un siège pour des classes

Rentrée 2011. Les manifestants nombreux ont tenu deux heures de tintamarre sous les fenêtres de l'inspecteur d'académie à Rouen qui a annulé dix fermetures de classes.

Noire de monde, la place des Faïenciers sur la rive gauche de Rouen ne contient pas tous les manifestants venus protester contre les fermetures de classes en Seine-Maritime prévues à la rentrée 2011. La foule bruyante s'est étalée hier matin jusque vers la ligne de métro coté Saint-Sever. 1500 personnes selon les syndicats et 800 selon la police, dont beaucoup armées de banderoles, mais aussi casseroles à la main ou encore sifflet à la bouche, se sont massées sous les fenêtres de l'inspecteur d'académie. A l'intérieur se tient au même moment le comité technique paritaire boycotté la veille par les organisations syndicales. Le CTP doit réexaminer les 130 fermetures et seize ouvertures prévues à la rentrée prochaine.

Parents, enseignants, élus sont présents en force. Un tel nombre de manifestants s'est vu très rarement. La mobilisation semble à la hauteur de la ponction réalisée. Dans la foule, plusieurs enseignants confirment que des inspecteurs de secteur de l'Éducation nationale se disent en off en désaccord avec ces coupes.

« Nous sommes venues d'Aumale ou notre école maternelle intègre des enfants de trois départements : Seine-Maritime, Somme et Oise. Nous ne voulons pas qu'une classe ferme car nous allons nous retrouver à 30 enfants par classe et nous ne pourrons plus accueillir les moins de trois ans », explique la directrice Christine Moreau. Non loin de là, les parents d'élèves de l'école primaire Fontenelle a Barentin, qui accueille un groupe d'enfants placés en foyer avec de forts troubles du comportement, redoutent également une fermeture chez eux. « Nous aurons une hausse de notre effectif à la rentrée prochaine, nous allons être dans l'obligation de développer les doubles niveaux, or ce n'est pas l'idéal avec des enfants comme les nôtres dans un quartier pas facile », soulignent Christophe Desille et Alexandre Mandes.

Tous ce monde reste en place comme pour un siège pendant deux heures en entonnant des slogans. Les grilles de chaque porte de l'inspection d'académie restent baissées. Parmi les élus présents, le vice-président du Département Sébastien Jumel débloque finalement la situation en appelant directement l'inspecteur d'académie. Un peu avant 13 heures, Marceau Privat de SNUipp sort avec les autres représentants syndicaux. Il annonce les dix Fermetures annulées, et que la mobilisation se poursuit avec lundi la tenue de la prochaine réunion en préfecture.

V. B.

(source le havre libre)

  haut de page