> Presse —>Un régime de rigueur pour trois ans |
Mercredi 27 Avril 2011:
Un régime de rigueur pour trois ans Ce soir, le Sénat ouvre le bal du débat sur « le programme de stabilité de la France 2011-2014 », Nicolas Sarkozy veut être le meilleur élève de l'austérité européenne. Ce soir, le Sénat doit débattre et se prononcer par un vote – en seulement deux heures – sur une déclaration du gouvernement français présentant « le projet de programme de stabilité européen ». Dans le concret, il s'agit d'une déclaration générale du gouvernement qui présentera les efforts de la France pour répondre aux exigences d'austérité de Bruxelles. Une sorte de ballon d'essai pour Nicolas Sarkozy qui entend être le meilleur élève de la rigueur européenne. Après le Sénat ce soir, l'Assemblée nationale procédera de la même façon lundi prochain. Et le lendemain s'engagera au Palais Bourbon le débat sur « le projet de réforme constitutionnelle relatif à l'équilibre des finances publiques ». Un projet qui inscrit la règle d'or de la lutte contre les déficits publics dans la Constitution française avec trois dispositions phares : la création obligatoire de « lois-cadres pluriannuelles d'équilibre des finances publiques » qui s'imposeront aux budgets annuels, une règle qui interdirait les votes de recettes ou de dépenses pour les finances publiques et la Sécurité sociale en dehors des budgets annuels, et l'adresse à la Commission européenne des programmes de stabilité décidés par la France avant leur vote au Parlement français. Le Sénat va donc, dans ce cadre, débattre des orientations du gouvernement pour un « programme de stabilité de la France 2011-2014 ». Il s'agit de réduire le déficit (aujourd'hui 7 % du PIB) à 5,7 % en 2011, 4,6 % en 2012 puis à 3 % en 2013 et 2 % en 2014. Pour y parvenir, la ministre de l'Économie table sur des hypothèses pour le moins optimistes. Une croissance de 2 % en 2011, passant à 2,25 % puis 2,5 % les années suivantes. L'étranglement des collectivités va perdurer Ces hypothèses de croissance misent sur une relance de la consommation des ménages qui reposerait sur la « poursuite de l'amélioration du marché de l'emploi » et sur une « dynamique des investissements » des entreprises. Or, la consommation des ménages risque d'être pénalisée par l'inflation, les investissements devraient souffrir de la hausse programmée des taux d'intérêt et, au total, les économistes du FMI tablent sur une croissance de 1,6 % en 2011 et 1,8 % en 2012. Christine Lagarde entend « faire porter l'essentiel de l'effort de consolidation budgétaire sur la maîtrise des dépenses ». Elle avance que la réforme des retraites aura ainsi « un impact sur le déficit public à hauteur de 0,5 % du PIB ». De même, le ministre du Budget, François Baroin, annonce que « le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera poursuivi en 2012 », ce qui se traduira par « la suppression de 30 000 emplois à temps plein ». Il promet encore la poursuite de « la réduction des dépenses de fonctionnement de 10 % sur les trois ans » et confirme de fait que l'étranglement des collectivités locales va perdurer : « l'ensemble des concours de l'État aux collectivités sera stabilisé en valeur comme en 2011 ». Pas question par contre de s'attaquer aux recettes, il n'y aura pas d'impôt nouveau et la réforme programmée de l'ISF se traduira même par un nouveau cadeau aux plus riches. La quasi-totalité des efforts sera donc demandée aux salariés et retraités dans un plan d'austérité sur trois ans qui n'ose pas dire son nom. Olivier Mayer (source l'Humanité)
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