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Lundi 18 Avril 2011:

 

« Cette prison est un enfer »

Suicide. Après la pendaison d'un second détenu doté d'un kit anti-suicide, l'Observatoire des prisons dénonce.

« C'est magnifique et neuve prison est un enfer. D'ailleurs, les nouvelles prisons sont à côté de la plaque », dénonce Claudine Lelièvre, représentante de l'Observatoire international des prisons (OIP) au Havre. Cette femme, également engagée auprès de la Ligue des Droits de l'Homme, rebondit après le suicide d'au moins deux prisonniers, depuis l'ouverture du centre pénitentiaire du Havre, en avril 2010, sur le territoire de Saint-Aubin-Routot.

La représentante locale de l'OIP condamne ces prisons-usines déshumanisées et la loi du silence imposée par l'administration pénitentiaire avec la complicité des autres autorités, pour que les suicides en prison ne s'ébruitent plus. « Il y a bien eu un suicide en période des fêtes avec un kit anti-suicide, l'un des premiers sans doute, ce qui a dû « justifier » le silence total », confirme Claudine Lelièvre, elle-même tenue à l'écart de ce drame malgré ses délégations. Derrière ces silences gênés de l'administration et des autorités judiciaires planent la peur de la médiatisation et d'informations venant contredire la communication officielle du pouvoir politique sur l'efficacité des nouveaux établissements carcéraux et des fameux kits de protection.

« Pas sa place en prison »

Claudine Lelièvre ne dispose pas d'éléments sur le garçon de 21 ans qui s'est pendu jeudi. Concernant la première pendaison, à la veille de Noël, « à notre connaissance, le jeune homme était schizophrène et il n'avait évidemment pas sa place en prison. Des détenus avaient prévenu la direction, qui avait installé ce fameux kit et renforcé les surveillances, toutes les heures semble-t-il. »

L'OIP et la Ligue des Droits de l'Homme relèvent qu'une prison hôpital est en construction pour tout le nord de la France, à Lille : « Nous espérons qu'il ne sera pas déjà plein au moment d'ouvrir et qu'on pourra y soigner le maximum de détenus sereinement. Le Groupe hospitalier du Havre, compétent mais déjà surchargé en psychiatrie, n'a pas vocation à traiter ces malades particuliers sur de si longues périodes. »

Un an après l'ouverture, le constat est sombre : « Les longs couloirs, la dimension hors normes de ces centres qui regroupent petites et longues peines, mineurs et semi-liberté, suscite de l'angoisse plutôt que l'inverse. » Et ce mal-être touche à des degrés divers les détenus, leurs familles, mais aussi le personnel.

Arnaud Commun

(source le havre libre)

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