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Jeudi 14 Avril 2011:
Privés de retraite par Sarko, abandonnés par Renault ! Des ex-salariés de Sandouville se retrouvent sans ressources du fait de la réforme des retraites. Ils figurent les dégâts collatéraux de la dernière réforme des retraites, dont on n'a décidément pas fini de prendre la mesure. D'anciens salariés de l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, viennent de faire une amère découverte. Ces hommes et ces femmes font partie des 1350 travailleurs du site qui, en 2008-2009, avaient accepté de quitter la firme dans le cadre d'un plan de départs volontaires, baptisé plan Renault volontariat (PRV). Pour beaucoup, ces départs furent le fait de salariés qui, fatigués, usés par une vie de labeur et approchant de l'âge de la retraite, virent dans le PRV l'opportunité de « décrocher » dans une relative sécurité économique. Le plan leur garantissait jusqu'à trente-six mois de prise en charge par les Assedic, assortis de dispense de recherche d'emploi, de quoi, donc, attendre le moment de la retraite, fixé à l'époque à l'âge de soixante ans. Certains se souviennent, comme si c'était hier, des assurances qui leur furent données : « La conseillère m'avait bien spécifié que même s'il devait y avoir des réformes, nous n'en subirions en rien (les conséquences) », témoigne Marie-France, cinquante-huit ans, dont trente-huit passés au service de Renaul. Depuis, la réforme des retraites est passé, reportant de deux ans l'âge légal du départ. Et Marie-France et ses collègues font leur compte : si aucune mesure n'est prise, ils vont se retrouver privés de toute ressource pendant plusieurs mois, jusqu'à un an pour certains, selon les premiers témoignages recueillis par le syndicat CGT de l'usine, qui a révélé, mardi, le scandale. Les voilà donc ce sommés, de fait, à quelques longueurs d'un repos bien mérité, de se remettre en quête d'un emploi, en totale contradiction avec le schéma de fin de carrière qui leur avait été vendu en 2008. Qu'en dit-on à la direction de l'usine ? Pas choqué le moins du monde, un porte-parole affirme, contre les témoignages des salariés, que les volontaires au départ avaient été prévenus que les dispositifs « pouvaient évoluer ». Quoi qu'il en soit, ajoute-t-il, ces ex-salariés sont partis de Renault et n'ont plus aujourd'hui de « liens contractuels » avec l'entreprise. Bref, au sentiment d'avoir été floués s'ajoute, pour ces hommes et ces femmes, celui d'être carrément abandonnés. Selon la CGT, entre 100 et 200 salariés seraient concernés à Sandouville et « sûrement » d'autres sur les autres sites du groupe où le PRV a été appliqué. Pas question, pour le syndicat, de lâcher l'affaire : « Nous exigeons de la direction de Renault qu'elle prenne en charge ces salariés qui ont donné une part de leur vie pour construire des voitures pour le groupe. » Le PDG, Carlos Ghosne, qui se targue de résultats financiers ayant dépassé toutes les attentes en 2010, avec 3,5 milliards d'euros de bénéfices, et qui s'apprête à débourser 11 millions d'euros pour dédommager les trois ex-cadres du groupe victimes de la vraie-fausse affaire d'espionnage, osera-t-il prétendre que cet effort serait trop lourd ? Yves Housson (source l'Humanité)
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