> Presse —>Jusqu'où l'exclusion des véhicules polluants ? |
Mercredi 13 Avril 2011:
Jusqu'où l'exclusion des véhicules polluants ? Les huit agglomérations candidates pour expérimenter les zones d'actions prioritaires pour l'air doivent définir les mesures les plus consensuelles, sans créer de nouvelles inégalités. Maintenant, au travail ! La décision de la ministre de l'Écologie d'expérimenter des mesures d'interdiction permanente ou temporaire de la circulation en ville des véhicules les plus polluants, conformément à la loi Grenelle 2, n'a pas pris de court les huit collectivités élues puisqu'elles étaient candidates. Pour appliquer la mesure, c'est une autre histoire. Comment faire ? Quels quartiers seront concernés ? Comment localiser les véhicules qui contreviendraient à la loi ? Qui surveillera, verbalisme ? Les collectivités candidates sont, hormis Paris, des communautés urbaines, des agglomérations : comment alors, étendre l'interdiction aux autres communes, à la banlieue, alors que les coeurs de ville piétonniers ne sont pas les plus pollués ? À vrai dire, le débat est à peine lancé sur la voie publique. Dans la capitale, la mesure a été débattue au Conseil de Paris, lequel, à l'unanimité des élus, a approuvé le dossier déposé par la mairie pour la mise en oeuvre des Zapa, les zones d'actions prioritaires pour l'air. Paris veut aller encore plus loin. Denis Baupin, adjoint chargé de l'environnement, précise qu'il faut prendre en compte non seulement les émissions de polluants (dioxydes d'azotes et particules fines) mais aussi celles du gaz à effet de serre, le CO : « Faute de prise en compte des émissions de CO seuls les véhicule diesel les plus anciens et les moins coûteux pourraient être concernés par la Zapa, tandis qu'échapperaient à toute restriction les véhicules les plus puissants, les moins adaptés à la ville. Ainsi, ne seraient essentiellement touchées que les catégories sociales les plus vulnérables. » Plaine Commune, qui regroupe Saint-Denis et sept autres villes, annonce le lancement d'une étude de faisabilité pour déterminer le périmètre et les véhicules concernés et s'interroge sur le financement de l'opération et du système de contrôle à mettre en place. Plaine Commune demande d'être impliquée sur ce projet avec Paris. Si tout débat qui touche à la sacro-sainte automobile prend aussitôt des accents de populisme, les Zapa n'y échappent pas. « C'est pour permettre aux bourgeois de rouler tranquille », lit-on souvent dans les commentaires sur Internet. Les jeunes et les plus pauvres injustement exclus des centres-villes ? À eux seuls le transfert vers des transports en commun inadaptés en banlieue, ou au bord de l'asphyxie dans le centre ? « Il faut voir si dans des préoccupations environnementales une forme d'aide peut être mise en place » pour aider les plus « humbles », dit au Progrès Jean-Louis Touraine, adjoint à la ville de Lyon. Les Zapa sont aussi des zones à risque pour les élus. Jacques Moran (source l'Humanité)
|