> Presse —>Dyslexie et désarroi |
Lundi 11 Avril 2011:
Dyslexie et désarroi Éducation. Les futurs collégiens atteints de « troubles spécifiques du langage » n'auront plus de soutien. Camille a 11 ans. À la rentrée prochaine, elle débutera le collège. « Mais cela ne servira pas à grand-chose car ma fille ne pourra pas suivre les cours », soupire Myriam Dieppois, sa maman. Car Camille est dyslexique. Cette maladie génétique provoque chez les enfants des difficultés de concentration, de mémoire et de vocabulaire. Ils ont d'extrêmes difficultés à apprendre à lire et à écrire malgré leur intelligence. « Je voulais que Camille entre un Raoul-Dufy dans la classe TSL (troubles spécifiques du langage). Mais si le dispositif est maintenu pour les enfants déjà au collège, il n'y a pas de nouvelle entrée en 6e. Alors elle ira au collège du quartier. Mais c'est mettre en péril sa scolarité et même son avenir », ajoute Myriam Dieppois. Elle explique que quelques élèves parmi la centaine d'enfants dyslexiques du Havre, pourront avoir une place en TSL. Mais seulement ceux qui sont reconnus par la Maison départementale du handicap. « Jusqu'à cette année, il n'était pas nécessaire d'avoir cette reconnaissance pour entrer en TSL. Or, il faut un an pour monter un dossier. C'est trop tard pour nous. » La jeune maman est amère. Depuis six ans, toute la famille se bat aux côtés de Camille pour que la petite fille se maintienne au niveau de ses camarades. Pour elle, après l'école, c'est encore l'école. « On répète encore et encore, inlassablement, les leçons. Mais ça ne sert à rien. Camille a besoin d'une aide spécifique. Le pire, c'est qu'elle a complètement baissé les bras. Je vois ma fille se renfermer sur elle-même un peu plus chaque jour », souffle Myriam Dieppois, complètement désemparée. Il est vrai que Camille ne parle pas beaucoup. « J'aime bien l'école mais je n'arrive pas à comprendre les leçons. C'est long et dur de faire toujours des devoirs quand mes copines vont jouer », explique avec hésitation, la jeune fille. Soixante-dix- huit familles en attente « La dyslexie fait souffrir l'enfant mais aussi toute la famille. Les parents sont souvent incompris. Les élèves, quant à eux, sont en échec scolaire ce qui entraîne un refus de l'école. D'autant qu'on les traite parfois de paresseux et de faignants », indique Catherine Radet, enseignante spécialisée en classe TSL. Pourtant, la connaissance de la maladie se répand. Les enseignants se forment. Les progrès des élèves admis en classe TSL sont tels que des dispositifs de ce genre ouvrent un peu partout. Mais pas au Havre où le système est, certes, étendu aux clauses de 4e et 3e mais supprimé pour les 6e. Myriam Dieppois a écrit à l'inspection académique, au rectorat et même au Département pour expliquer son problème et celui des 78 familles en attente. « Je comprends qu'il s'agisse d'une question de budget. Mais ce sont nos enfants qui feront les budgets de demain. Alors en attendant, ils deviennent quoi nos enfants ? » M -A. M. Une manifestation est organisée mercredi à 15 h devant le rectorat de Rouen. Les familles intéressées peuvent s'informer sur l'adresse mail suivante : vincent.duval3abbox.fe (a remplace @) (source le havre libre)
|