> Presse —>Les tout-petits à la porte |
Dimanche 10 Avril 2011:
École. Le débat sur l'accueil des moins de 3 ans en maternelle resurgit avec les suppressions de postes. C'est de moins en moins une priorité. Apolline a soufflé ses 3 printemps il y a un mois. Déjà une fillette affirmée. Elle fait partie des 7 chanceux acceptés à la rentrée dernière parmi les plus petits de la catégorie des moins de 3 ans dans la tranquille et colorée école des Acacias. Les parents arrivent selon un rituel bien établi. Sans stress. Pourtant, cet établissement du quartier Jenner est sur la liste (lire par ailleurs) des maternelles menacées de fermeture de classe à la rentrée prochaine. « Tant que les inscriptions ne sont pas définitives, on ne sait pas », lâche un enseignant remplaçant. Il n'empêche. Avec un poste en moins, c'est sans doute davantage d'enfants par section. Et sans doute moins (voire plus du tout) d'accueil des 2-3 ans, tout juste tolérés par l'Éducation nationale. « Dès que l'équipe pédagogique est d'accord et qu'il y a les moyens, il n'y a pas de raisons de ne pas scolarisés ces petits. Nous y sommes favorables, sans en faire un principe, en fonction de l'enfant et des possibilités », remarque Agnès Ganayer, adjointe en charge de la petite enfance au Havre. L'actuel grand chambardement éducatif rebat les cartes de cette forme de scolarité, en forte demande, marquée chaque année par des listes d'attente. Au Havre, 174 tout-petits sont concernés cette année et déjà 244 sont en attente pour 2011-2012. À Montivilliers, plus aucune des six maternelles n'accueille de petit bout de cette tranche d'âge. Pas de place. « Avec les fermetures de classes, ce sont les plus petits qui trinquent. La volonté de réduction joue sur cet accueil des moins de 2 ans », souligne Lise Cramoisan, déléguée SNUIPP/FSU au Havre. Les villes communistes d'Harfleur et de Gonfreville-l'Orcher en ont fait une priorité. L'équipe municipale de la première commune affirme que « c'est une vraie démarche militante. Quand les parents le souhaitent, nous essayons de favoriser cet accueil. Les études montrent que la scolarisation le plus tôt possible est une source d'épanouissement. » Rendez-vous à la maternelle Vaillant au coeur de Caucriauville, quartier classé en Zone d'éducation prioritaire. La barre est ici fixée à 25 têtes (jusqu'à 29 hors ZEP). Parmi cette section de petits, Maxence, Médina, Idrissa et trois autres de leurs camarades sont nés en 2008. La directrice (encore une remplaçante !) ne voit que des avantages à ce « mélange d'années » parce que « ce sont des enfants qui ont besoin d'être stimulés et seront ainsi plus à l'aise à la section supérieure en maternelle. » Jusqu'en septembre prochain, la calculette va chauffer pour les derniers ajustements. Et décider combien de petits parmi les plus petits seront acceptés. En attendant, la maman d'Apolline reconnaît que « c'est une chance pour des raisons financières et pour les apprentissages de ma petite. » Qu'elle continue de savourer sa chance. Patricia Lionnet (Havre Dimanche)
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