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Samedi 2 Octobre 2010:
Les syndicats ne lâchent pas l'affaire Retraites : pas de grève, mais des manifestations aujourd'hui contre la réforme. C'est la manifestation pour ceux qui ne sont pas encore descendus dans la rue montrer leur opposition à la réforme des retraites. La troisième en un mois avant celle du 12 octobre prochain. Seuls cinq rassemblements sont organisés en Haute-Normandie. Les organisations syndicales le savent, la mobilisation devrait être plus faible. Tout d'abord, il s'agit d'une journée de manifestation et non de grève pour atténuer les journées de salaire perdues. D'autre part, les conditions météorologiques s'annoncent exécrables avec des averses et du vent... En revanche, les syndicats comptent sur l'entrée des étudiants et lycéens pour gonfler les rangs des manifestants. Au plan national, un collectif « Les retraites, une affaire de jeunes » s'est créé. Il regroupe 26 organisations syndicales et politiques de jeunesse. Le 23 septembre, l'Unef avait ainsi défilé à Rouen avec les 65 000 manifestants. Alors que le projet de loi voté par les parlementaires est examiné à partir de lundi par le Sénat, les jeux ne sont-ils pas déjà faits ? Cette nouvelle manifestation fera-t-elle plier le gouvernement ? Malgré quelques amendements et concessions, il se montre inflexible. Et le chef de l'État, Nicolas Sarkozy, continue à défendre le projet de loi sur les retraites. « Avec la réforme que l'on fait, (notre) régime de retraite sera non seulement équilibré en 2018 mais bénéficiaire », a-t-il affirmé jeudi lors d'un déplacement dans un petit village de l'Yonne. Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille. « Il y a le 2, puis le 12. Les deux manifestations sont liées. Samedi, il s'agit d'ouvrir les portes à ceux qui ont des difficultés pour se mettre en grève. Nous posons déjà la question de la reconduction de la grève. Il y a les entreprises, cela peut être aussi la SNCF mais avec les nouveaux délais de préavis, les cheminots devront se prononcer dès lundi. Ça partira de là et c'est la multiplication des actions que l'on fera plier », résume-t-on à l'Union départementale CGT 76. « Le Sénat va examiner le texte, nous avons vu des lois qui n'ont jamais été appliquées faute de décret... Être cinq millions dans la rue, samedi, cet ambitieux. Nous préférons retenir comme chiffres que 70 % de la population soutient le mouvement et que 63 % des Français pensent qu'il faut une autre réforme. » Plus modérée jusqu'à présent, la CFDT hausse aussi le ton. « Le gouvernement c'est une chose, maintenant c'est le Sénat. Mais la question de durcir le mouvement se pose. Tout dépend du rapport de force que l'on a envie de construire. Le 12 octobre, nous pensons mettre l'accent sur des débrayages d'entreprise et s'il le faut bloquer la production du pays. Durcir oui mais c'est aux salariés de prendre leur sort entre leurs mains ! » explique Alain Comont de l'Union régionale. Gérard Thérin de l'UD 76 FO réclament toujours « le retrait pur et simple » de la réforme. « Si nous ne faisons rien le gouvernement dira qu'il n'est pas passé en force. Il y a le 2, le 12 et après, il faudra appeler à la grève générale interprofessionnelle. Bien sûr cela représentera une perte d'argent sur les salaires, mais on parie sur un investissement pour l'avenir ! Il faut savoir ce que l'on veut : aller jusqu'au bout ou pas ? Arrêter de battre le pavé et monter d'un cran... Avec deux jours de blocage sérieux, il commencerait à y avoir une réflexion. » Alain Lemarchand (source de havre libre)
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