> Presse  —> Les syndicats appellent à hausser le ton

 

Jeudi 7 Octobre 2010:

 

Les syndicats appellent à hausser le ton

Au lendemain de l'intersyndicale et au soir d'une réunion des responsables de la CGT, Bernard Thibaut appelle à entrer dans « une nouvelle phase du mouvement ».

L'intersyndicale qui s'est réunie lundi soir, après le succès des manifestations du samedi 2 octobre, hausse le ton. Les 7 syndicats, CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, Solidaires et Unsa, ont averti que le 12 octobre, prochain rendez-vous unitaire interprofessionnel de grèves et de manifestations, serait « déterminant ». Et FO, qui continue de faire entendre sa petite mélodie solitaire, n'a pas tardé à affirmer son « attachement à l'unité syndicale » et sa volonté de s'associer, elle aussi, à la journée du 12. C'est donc dans un bel ensemble que les syndicats ont confirmé leur appel à « participer massivement » aux grèves et manifestations de mardi prochain. Tous fustigent l'intransigeance d'un gouvernement qui « préfère le mépris au dialogue ».

Un mépris d'autant plus intolérable pour les syndicats qu'ils estiment être parvenus, en moins d'un mois, à mettre trois fois dans la rue autour de 3 millions de manifestants, et qu'ils reçoivent le soutien de plus de 70 % de la population, selon les sondages. Pour assurer le succès de cette journée du 12 octobre, l'intersyndicale appelle à multiplier, dans les territoires et les entreprises, les initiatives unitaires.

On attendait surtout les syndicats sur les suites qu'ils entendent donner à la journée du 12 octobre. Il faudra encore attendre un peu : la CGT réunissant hier ses dirigeants d'unions départementales et de fédérations, l'intersyndicale décidera vendredi 8 octobre de nouvelles initiatives. La question de décider de grèves reconductibles est désormais ouvertement posée. Avec des réponses diverses selon les syndicats mais une recherche commune : celle de l'efficacité.

« Maintenir un mouvement de masse »

Pour FO, elle passe par une grève interprofessionnelle « carrée » de 24 heures. Pour l'union syndicale Solidaires, « les suites doivent être un mouvement de grève reconductible à partir du 13 au matin ». Ces positions ne sont pas nouvelles pour ces deux syndicats. C'est « le gouvernement qui pousse à la

radicalisation », estime Carole Couvert, pour qui la CGC, qu'elle représente, « n'est pas dans une logique de grève reconductible. Nous ne voulons pas bloquer le pays ». « La position de l'intersyndicale n'est pas de décider une grève reconductible partout », lance Marcel Grignard, pour la CFDT, qui reconnaît que « dans certaines entreprises, il y a des discussions autour de la nécessité de mouvements de grève. Mais la question posée à l'intersyndicale est de maintenir un mouvement de masse et de lui conserver une assise populaire ». « Les conflits et les grèves ne nous effraient pas, mais il faut que ce soit utile, efficace. Le pire serait d'isoler certains secteurs. Il ne s'agit pas de faire la grève par procuration mais d'associer le maximum de salariés », estime Jean Grosset, pour l'Unsa. La FSU cherche elle aussi l'efficacité en « élargissant et amplifiant le mouvement ». « Il s'agit de réussir le 12 octobre, et la FSU n'exclut rien, précise Bernadette Groison. Dès cette semaine, nous organisons des rencontres avec les personnels pour qu'ils décident comment agir et faire reculer le gouvernement. La question des grèves reconductibles est posée, face au mépris, il y a une vraie colère. »

Ces position, diverses, ne paraissent pas inconciliables. Pour la CGT également, la question de l'efficacité et du nombre est primordial. Au sortir de la réunion de ses cadres hier soir, Bernard Thibault a déclaré que le conflit était entré « dans une nouvelle phase ». Selon le secrétaire général de la CGT, entre les manifestants, les participants aux initiatives locales, les signataires de pétitions, le mouvement en cour « engage plusieurs dizaines de millions de personnes ».

« Réussir un 12 octobre plus important... »

Il s'est déclaré « confiant pour « réussir un 12 octobre plus important que les journées d'action précédentes ». Surtout, pour Bernard Thibault, « le principe d'arrêts de travail doit être discuté partout ». Il n'a pas voulu décourager les grèves reconductibles, insistant pour que les formes d'action « reposent sur des décisions collectives ». « Ne cherchons pas une uniformité des modes d'expression et d'action, qui dit mouvement dit multiples formes », a assuré Bernard Thibault. Dès le 12, des assemblées générales de salariés devraient se tenir dans plusieurs secteurs. Outre les cheminots, la SNCF et les enseignants, on parle de la chimie, de l'équipement et des services publics territoriaux.

Olivier Mayer

(source l'Humanité)

  haut de page