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Samedi 16 Octobre 2010:
Les Marseillais ne craignent personne Le déblocage du dépôt pétrolier de Fos renforce la détermination des grévistes marseillais, qui ont manifesté dans le calme hier du siège du Medef à la mairie. Marseille, envoyé spécial Le gouvernement a répondu favorablement à l'appel à la répression lancé par le Medef des Bouches-du-Rhône dans le quotidien les Échos en envoyant, dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs centaines de gardes mobiles déloger les quelques militants CGT de diverses professions qui bloquaient, depuis la veille, les Dépôts pétroliers de Fos (DPF), détenus par un consortium privé. Cette opération militaire s'est opérée dans le calme. Tout comme la manifestation dans Marseille des « secteurs en lutte » organisée par la CGT et à laquelle se sont joints des militants de SUD, des syndicats d'enseignants et de la CNT. Au total, plusieurs centaines de manifestants, dockers, cheminots, postiers en grève... ont placardé à l'entrée du siège de l'union patronale des Bouches-du-Rhône des affiches en forme de mains marquées de slogans tels que « Touche pas à mon port » ou « Touche pas à la Sécu ». De l'intervention policière a Fos il n'en était que peu question dans ce rassemblement de motivés. « On savait que Sarkozy est plus prompt à réprimer qu'à négocier, on n'est pas surpris et on a d'autres stratégies que le blocage du DPF. Ici, ça ne peut que renforcer une lutte qui s'étend et qui "craint plus dégun" (personne – NDLR) », nous disait un syndicaliste CGT, résumant le sentiment général dans ce cortège qui s'est mis en route vers le Vieux-Port, où 300 lycéens manifestaient de leur côté. Tout ce beau monde s'est dirigé alors vers l'hôtel de ville tout proche, laissant au même moment un bon millier d'agents territoriaux syndiqués à FO occuper le bas de la Canebière mais pour retrouver, embarqués sur trois chaloupes, un fort contingent de marins CGT voguant sur les eaux du port. Le secrétaire général du syndicat, Frédéric Alpozzo, souligne avec humour que « la grève est bien ancrée : aucun bateau, ni aucun remorqueur ne part, et les marins ne mouillent pas » ! On « craint dégun » non plus du côté des territoriaux FO « en grève totale jusqu'au retrait », comme l'affirme leur secrétaire général, Élie-Claude Argy. Tous les services municipaux, du nettoiement aux crèches, en passant par les services funéraires et jusqu'aux services techniques du Vélodrome, où l'OM joue en principe ce soir, sont affectés par le mot d'ordre de ce syndicat auquel adhère la moitié des 12 000 employés municipaux. Syndicat qui n'exclut pas, « si les agents de la circulation le décident », une fermeture des trois tunnels routiers stratégiques de Marseille. Ce qui provoquerait le chaos en ville et des embouteillages monstres sur les voies d'accès. « Si le gouvernement reste inflexible après la prochaine journée d'action, ce blocage aura lieu et il en sera responsable », prévient FO. En attendant, les « tatas » sont maintenant en grève dans la presque totalité des cantines municipales et les poubelles ne sont plus ramassées dans les deux tiers des arrondissements. Philippe Jérôme (source l'Humanité)
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