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Jeudi 14 Octobre 2010:

 

Le mouvement se durcit

Les palettes qui n'ont pas été brûlées sont rangées dans une remorque. « Elles vont resservir », lâche un gréviste.

Il est 8 h 30, le barrage est levé. Environ deux cents manifestants ont bloqué dès 5 h 30 l'intersection de la route industrielle et de la route du Pont 7 bis. Un autre groupe, plus restreint, a pris position au Pont 8. Un brasero alimenté de palettes et de pneus brûle au milieu du carrefour, les accès sont condamnés : la zone industrielle est paralysée. Et toujours dans le collimateur : la réforme sur les retraites. « Nous n'avons plus d'autres solutions que de bloquer l'économie pour faire céder le gouvernement qui veut passer en force. Aujourd'hui, la solution c'est la rue. Nous nous orientons vers une grève générale », prévient un syndicaliste. Coincés dans les files d'attente, chauffeurs routiers et automobilistes attendent patiemment en gardant leur calme. « Ils comprennent notre mouvement, c'est aussi pour eux que nous sommes là. » Même s'ils se contiennent, les routiers ne sont pas aussi catégoriques. « Nous sommes comme des imbéciles. Qu'il y ait grève c'est bien, mais qu'ils ne nous empêchent pas de travailler. Il fallait se mobiliser avant que la loi soit votée. » Les critiques sont entendues mais ne suffisent pas à démobiliser.

Les étudiants en scène

Public et privé apparaissent main  dans la main dans la contestation. Pétrochimie, santé, éducation, métallurgie, administrations... toutes les professions sont représentées. « Depuis la manifestation de mardi, les assemblées générales se multiplient dans les entreprises. De nombreux salariés ont décidé de reconduire la grève. »

La raffinerie de Normandie est aussi touchée par le mouvement. À la centrale thermique, les grévistes ont mis en place un barrage filtrant. Ils ont finalement décidé de suspendre la production d'électricité. À midi, un autre rassemblement a réuni une centaine de personnes à la gare. Les partis et les syndicats de gauche sont alors rejoints par une trentaine d'étudiants. Ils réclament du travail pour les jeunes. « Nous avons suivi ce qui se passait, mais n'ayant pas encore repris les cours, il était difficile de mobiliser. Aujourd'hui, le mouvement est en marche. Maintenant, nous prévoyons d'aller chercher les lycéens », explique Vivian.

ST. R.

(source le havre libre)

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