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Mardi 26 Octobre 2010:

Le lobbying de monsieur Frère

Au sein de l'association française professionnelle de l'épargne retraite, Guillaume Sarkozy milite pour la capitalisation. Avec la CNP, il vient de créer une société d'assurance retraite.

Ils sont seize au total à siéger au conseil d'administration de l'Association française professionnelle de l'épargne retraite (Afpen). Il y a des compagnies d'assurance comme la française Axa, la britannique Aviva, des banques comme BNP Paribas, le Crédit agricole, Dexia, la Banque postale, des industriels comme GDF-Suez, Suez Tractebel. Et Guillaume, Guillaume Sarkozy, frère aîné du président, qui y représente l'organisme de retraite complémentaire Malakoff-Médéric. Tous militent pour le développement de la capitalisation.

Dans un document adopté en juin 2010, consacré à ce sujet, les seize réclament des pouvoirs publics

« l'encouragement des placements de long terme », « en développant plus largement des systèmes de retraite par capitalisation ». Certes, ils précisent que ces systèmes doivent être « complémentaires aux régimes obligatoires », mais ils ajoutent aussitôt qu'ils doivent être eux-mêmes rendus obligatoires. Il est aussi demandé à l'État d'orienter « les avantages fiscaux » en faveur de l'épargne vers un tel système.

Guillaume Sarkozy, ancien dirigeant du Medef, n'en est cependant pas en resté là. Il a récemment créé avec un organisme public, la Caisse nationale de prévoyance (CNP), filiale de la Caisse des dépôts et consignations, bras armé de l'État, une société d'assurance dédiée à l'épargne retraite, Sevriena.

Manifestement, la droite, au Parlement, a entendu tout ce monde, puisqu'elle a glissé dans le texte de loi réformant les retraites un « titre V » entièrement consacré au développement de la retraite par capitalisation. Pour quelle raison la droite et les groupes se retrouvent-ils ainsi autour de ces projets ? Les industriels veulent pouvoir disposer de l'épargne de leurs salariés pour leurs propres opérations financières, les fusions-acquisitions notamment. Les assureurs veulent avoir le champ libre pour gérer ce « pactole ».

Pierre Ivorra

(source l'Humanité du lundi 25)

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