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Mardi 10 août 2010:

 

Le cours du blé ont surchauffe

Économie : les consommateurs doivent-ils craindre une augmentation de certains produits ?

Comme il y a trois ans, va-t-on assister à une hausse spectaculaire du prix du blé et par conséquence, a une répercussion rapide sur le prix de la baguette et des produits alimentaires dérivés de la céréale ? Tout porte aujourd'hui à le croire puisque depuis plusieurs semaines le marché boursier (Euronext) enregistre de forte hausse et volume de transaction.

Ces derniers jours ont encore été très agités sur les marchés à terme du blé meunier. Les inquiétudes sur la récolte en cours demeurent et propulsent le blé au-delà des 200 €/ tonne.

Rouen reste le premier port européen exportateur

Cet emballement s'explique par plusieurs facteurs : la Russie a réduit ses prévisions de récoltes de céréales pour cette année en raison des ravages causés par la sécheresse. La Russie figure parmi les principaux exportateurs mondiaux de blé. Elle est aussi une grande productrice d'orge et de maïs et pourrait récolter 70 à 75 millions de tonnes de céréales cette année. Précédemment, Moscou anticipait un niveau de récoltes céréalières sous les 85 millions de tonnes après les 97 millions récoltés l'an dernier. Aucune limitation des exportations céréalières n'est pour l'instant prévue. Les inondations qui frappent la Chine, le Canada et l'Argentine, participent également à l'augmentation du prix du blé puisque les moissons sont retardées.

Président de la section grande culture  a l'Union syndicale et agricole de Seine-Maritime, Sébastien Windsor, céréalier et producteur  de porcs à Vieux-Manoir, suit avec attention la flambée des cours. « Ce qui est inquiétant ce sont les variations du prix. Nous sortons d'une longue période où le prix de la tonne, - 120 € rendue a Rouen - était en dessous du prix de revient. Aujourd'hui, nous sommes à 200 € mais les agriculteurs ne sont pas dans une optique de spéculation. Nous étalons sur une année pour vendre et limiter les risques. Passer de 120 à 200, nous arriverons à une moyenne de 140 € la tonne, ce qui est assez proche de notre prix de revient. » L'agriculteur voit dans la hausse des cours, l'influence « des spéculateurs, de ceux qui vont profiter de l'augmentation. Aujourd'hui, les volumes échangés sont dix fois supérieurs à la normale. Et ces volumes sont énormes par rapport à ce qui reste à vendre ! »

Comme pour le prix du lait, Sébastien Windsor dénonce la dérégulation du prix du blé. « Nous subissons les fluctuations du marché. Nous sommes sur un pic haut, mais il faudra qu'il dure pour équilibrer nos trésoreries. Je suis producteur de porc et comme pour les producteurs laitiers, nous allons devoir payer les aliments pour les animaux plus cher. L'augmentation sera aussi pour la viande. Quant aux consommateurs, il y aura aussi des répercussions, certainement à la hausse car on ne les voit jamais à la baisse ! Cela va poser des problèmes et si cela arrive je trouverais cela scandaleux. Il y a trois ans, le prix du blé était passé à 300 € la tonne, je n'ai jamais vu de baisse des prix quand il est revenu à  100 € ! » Rouen reste le premier port européen exportateur de céréales avec 4,77 millions de tonnes de céréales en 2007-2008 (dont 81 % de blé tendre). Ainsi la production normande (2,32 millions de tonnes) part dans son ensemble à l'export, une autre partie pour les meuniers locaux et le reste pour  l'usine de biocarburant de Lillebonne.

Alain Lemarchand

 

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(source le havre libre)

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