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Lundi 4 Octobre 2010:
La gériatrie en souffrance Santé. À Calmette, des voix s'élèvent contre les conditions de vie des résidants. Conscient des problèmes, l'Hôpital va mettre en place une nouvelle organisation. À 85 ans, Bernard Boulais rend chaque jour visite à son épouse, hébergée à la résidence Calmette depuis un an et demi, suite à une lourde chute. Tous les après-midi, le rituel est le même. À 13 h 30, il prend le bus en centre-ville, direction la rue du 329e. Et fait le chemin inverse sur les coups de 17 h 15. Le couple est marié depuis soixante-quatre ans, alors pas question pour lui d'abandonner Yvonne du jour au lendemain. « Qui dit sous-effectif, dit tout le monde au lit vers 16 heures » « On a la chance d'être deux avec ma femme », souligne Bernard, opéré du cœur en mars. Mais aujourd'hui, il vit de plus en plus mal cette situation. « Je m'inquiète », dit-il, narrant les problèmes de sous-effectif dans le service qui compte quarante lits pour autant de personnes âgées. « Quand les aides-soignantes sont quatre, tout se passe bien, raconte-t-il, sans pour autant incriminer le personnel. Mais elles sont souvent trois, voire deux. » Alors Bernard n'hésite pas à mettre la main à la pâte en aidant les personnes en fauteuil ou encore en débarrassant les tables au goûter. Et qui dit sous-effectif, dit « tout le monde au lit vers 16 heures ». « Le jeudi 23, jour de la grève, personne n'a eu de goûter car il n'y avait pas assez de personnel » regrette-t-il, lui qui débourse chaque mois plus de 1800 €. D'autres familles – qui souhaitent conserver l'anonymat – s'élèvent également contre le traitement réservé à leurs proches. Certaines parlent même de « maltraitance passive ». « Je n'ose plus y aller tous les jours tellement cela me fait mal au cœur. Un dimanche, je suis arrivée à 14 h 30, elle était couchée, confie la fille d'une résidante. Comme maman ne marche plus, on l'a obligée à faire dans des couches. Quand elle est arrivée, elle avait toute sa tête. Aujourd'hui, elle est perturbée. » Huguette Meyer, directrice de la filière gériatrie au Groupe hospitalier du Havre, est consciente de la situation. « Nous sommes dessus, assure-t-elle. C'est un peu compliqué car nous sommes contrariés par nos locaux, explique la directrice. Nous avons une nouvelle structure de 154 lits qui va se construire à Flaubert. Le permis de construire a été déposé. La consultation des entreprises va débuter en janvier 2011. Après, il faut compter deux ans de travaux. La question : comment on va tenir entre aujourd'hui et la fin 2013 ? » « Être plus performant, en particulier sur l'hôtellerie » Une nouvelle organisation va donc être mise en place dans les prochaines semaines. Objective de l'Hôpital : « être plus performant, en particulier sur l'hôtellerie. Nous allons monter une équipe avec un responsable qui va prendre en main toutes ces questions posant problème, indique Huguette Meyer. Nous reprenons tout depuis le début. Le règlement de fonctionnement, sorte de règlement intérieur, a été refondu. Il sera validé en octobre. Après, nous allons revoir la situation individuelle de chacun des résidants. » L'Hôpital va également travailler sur l'absentéisme. Pour la directrice, « les effets spectaculaires vont se conjuguer dans les toutes prochaines semaines ». Les familles aimeraient en tout cas que « les personnels soient plus à l'écoute des résidants et qu'on évite de les coucher tôt ». Vanessa Leroy (source le havre libre)
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