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Vendredi 1 Octobre 2010:
La fièvre monte à l'hôpital Santé. Le comité technique d'établissement prévu hier a été reporté suite au boycott de la réunion par les syndicats. Ces derniers entendent sauvegarder l'accord sur les 35 heures. « On va continuer à se battre pour qu'on ne nous supprime pas trois RTT. » Le message exprimé, hier matin, par les personnels du Groupe hospitalier du Havre à leur direction est clair : pas touche à l'accord portant sur les 35 heures signé en 2002, qui prévoit 38 heures de travail hebdomadaires et 18 RTT. Mais l'hôpital public, confronté à un déficit de près de 10 millions d'euros, doit poursuivre la mise en place du plan de retour à l'équilibre. « L'une de ces mesures est le passage de l'horaire de référence de 38 heures à 37 h 30, et, c'est vrai, par conséquent, la suppression de trois jours de RTT par an », admet Philippe Paris, le directeur. C'est notamment sur ce point, à l'ordre du jour du comité technique d'établissement programmé hier, que le torchon brûle entre les syndicats et la direction. Les syndicats ayant boycotté la réunion, un nouveau CTE doit se tenir sous huit jours. A 9 h 30, dans le hall nord de l'hôpital où ont pris places plus de 200 personnes, des guirlandes ont été installées. « Il s'agit de plus de 700 réponses d'agents qui disent non à ce qu'on nous propose », explique Agnès Goussin-Mauger, déléguée CGT, accompagnée des représentants de SUD et de la CFDT. « Il en va de la sécurité des patients et des agents », Poursuivent-ils, soutenus dans leur mouvement par l'Union locale CGT. Quelques minutes plus tard, tous envahissent les couloirs, jusqu'au secrétariat de la direction, où sera fixée à l'hôpital Flaubert la motion intersyndicale. Finalement, ils attendront le retour de Philippe Paris, qui a accepté de venir à leur rencontre. Le dialogue entre les deux camps s'ouvre dans une ambiance électrique : « On a besoin de nos RTT, clame Françoise Gosset, représentante SUD. Alors, cet accord, on le rejette et on le rejettera tant qu'on le pourra. » Car pour eux, la proposition de la direction revient à supprimer quarante postes. Ce que réfute Philippe Paris : « Il n'y a jamais eu de suppression d'emplois dans cet établissement. L'objectif du service public est de répondre à la demande des patients et donc s'organiser pour que les postes par service correspondent à l'activité. La qualité des soins ne dépend pas uniquement du nombre de personnels, mais aussi de l'organisation », martèle le directeur. Selon lui, 37 h 30 de travail par semaine, soit 7 h 30 par jour (contre 7 h 36 actuellement) et un temps de transmission de 30 minutes c'est « parmi les horaires les plus pratiqués dans les hôpitaux français ». Hier, la tension est donc montée d'un cran au Groupe hospitalier du Havre. Un cran supplémentaire pourrait être atteint, lundi, à l'occasion de la manifestation des personnels et des familles du bâtiment Soret (soins de suite gériatrie et rééducation) à l'hôpital Flaubert. Vanessa Leroy (source le havre libre)
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