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Lundi 4 Octobre 2010:

La contestation ne faiblit pas

Retraites. Plusieurs manifestations contre la réforme ont eu lieu samedi en Haute-Normandie. Les familles étaient au rendez-vous.

L'un des temps forts que l'on retiendra des manifestations en Haute-Normandie samedi s'est déroulé à Rouen. Alors que la queue de la manifestation quittait le pont Corneille, la tête du cortège arrivait au croisement de la rue Grand-Pont et du quai du Havre. Ce long serpent humain de deux kilomètres – de 45 à 50 000 personnes selon la CFDT (15 000 selon la police) – illustrait l'ampleur de la mobilisation avec des manifestants empruntant en rangs serrés les rues de la République, Jean-Lecanuet, Jeanne-d'Arc, Général-Leclerc, avant de passer devant la Chambre de commerce et d'industrie et de bifurquer par le pont Jeanne-d'Arc pour rejoindre le cours Clémenceau où la manifestation s'était ébranlée vers 14 h 30.

« Nous instaurons un rapport de force ! »

L'intersyndicale de Seine-Maritime a tenu son pari pour cette troisième journée de protestation, depuis début septembre, contre la réforme des retraites. Symboliquement baptisée « manif des poussettes », elle a permis aux familles, et à tous ceux qui n'étaient pas encore descendus dans la rue, de montrer leur hostilité au projet gouvernemental. C'est le cas de David et Anne, venus de Doudeville avec leurs deux enfants, Corentin et Eloane. « La petite n'a pas seize mois, notre avenir est mal barré est le sien encore plus ! » Juge le père de famille. Valérie, aide-soignante au pavillon mère-enfants du CHU de Rouen – en grève depuis jeudi – était aussi du défilé. « Il y a un problème de personnel à l'hôpital mais pour les retraites je ne lâcherai pas. J'ai fait toutes les manifs, c'est une question de rapport de force et nous sommes en train de l'instaurer ! » Les salarier d'Éducatel a Rouen en grève depuis un mois représentaient le symbole de la résistance. Une quête a eu lieu pendant le défilé pour les aider à boucler leur fin de mois...

La guerre des chiffres aura animé de nombreuses discussions dans le cortège. Il fera encore couler beaucoup de salive tant la disproportion entre les estimations syndicales et policières diverge sur la participation : 6000 à Évreux (3000 selon la police), 40 000 au Havre (8000 selon la police) ; 8000 à Dieppe (2300 selon la police) 1500 à Fécamp (800 selon la police).

En attendant la prochaine manifestation du 12 octobre où l'intersyndicale appelle à « hausser le ton » et probablement à une grève interprofessionnelle reconductible, d'autres actions sont d'ores et déjà prévues. Le 8 octobre, trois cars partiront de l'usine de Renaultl Cléon pour une grande manifestation nationale prévue au salon de l'automobile à Paris.

Alain Lemarchand

(source le havre libre)

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