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Jeudi 7 Octobre 2010:
« Il faut sauver Sandouville » Renault. Avant son déplacement au Mondial de l'automobile, la CGT revient sur la situation de Sandouville. Une centaine de salariés de Renault Sandouville rejoints par cent cinquante collaborateurs de Cooper vont s'inviter sur le stand de la marque au losange au Mondial de l'auto, demain matin. Un « coup » pour dénoncer le sombre avenir qui se profile. « L'utilitaire, c'était la cerise sur le gâteau, aujourd'hui il n'y a plus que la cerise. » Nicolas Guermonprez, secrétaire général CGT de l'usine, tire la sonnette d'alarme. Les dernières déclarations de Patrick Pélata, le directeur général aux opérations du constructeur automobile, ont mis le feu aux poudres. Contrairement aux annonces du président de la République en visite sur le site le 6 octobre 2008, la production de véhicules haut de gamme pourrait échapper à Sandouville au profit de Douai. « Depuis quarante ans, nous produisons le haut de gamme de la marque et on veut nous faire croire que nous n'en sommes plus capables. » Impensable pour la CGT qui veut sauver le site et les emplois. Le syndicat majoritaire monte au créneau pour dénoncer ce qui se trame et en profite pour confirmer ses propositions pour « sauver Renault et les sous-traitants ». Aujourd'hui, 2450 salariés produisent 70 000 véhicules par an, soit 320 Laguna et 92 Espace par jour. Demain, si Sandouville héritait du seul utilitaire, le volume de production estimé serait identique mais évidemment très insuffisant. « Les opérations sont beaucoup moins nombreuses pour fabriquer ce type de véhicule. Nous serions rapidement en sureffectif », dénonce la CGT. Malaise au travail Sans aucune confirmation, un chiffre est tout de même avancé. Il y aurait 1000 salariés de trop. Pour maintenir l'emploi, l'organisation syndicale avance des pistes comme la déconstruction et la revalorisation des voitures en fin de vie. « C'est une valeur ajoutée économique et environnementale, mais il faut une volonté industrielle et politique pour appuyer. » Des pathologies, des tentatives de suicide, un psychologue omniprésent, la CGT interpelle aussi l'opinion sur le malaise qui frappe les salariés. « Le taux d'absentéisme a augmenté. Le personnel qui se trouve moralement affecté par des perspectives d'avenir compromises ne supporte plus l'intensification des charges de travail. Plus aucun cadre du groupe ne vient prendre des responsabilités à Sandouville. C'est symptomatique. » Le syndicat ne veut pas croire au hasard. ST. R.
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