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Dimanche 23 Mai 2010:
Chez TRW, Français et Allemands ne l'oublieront jamais 500 km et une frontière séparent leurs usines. Bien assez pour imposer aux ouvriers allemands du sous-traitant automobile TRW de fabriquer plus de pièces pour couler la grève de leurs collègues des Vosges, pensait la direction. Cela faisait un mois que les 420 de Ramonchamp se battaient contre un plan de 88 licenciements. Les Allemands leur ont prêté main-forte. Au fond de la vallée de la Moselle, à Ramonchamp, les 420 salariés de TRW viennent de reprendre le chemin du travail après un conflit d'un mois portant sur le montant de l'indemnité extralégale dans le cadre d'un plan prévoyant 88 licenciements. TRW, géant mondial de la sous-traitance automobile, fabrique dans son usine des Vosges des pièces de transmission (rotules, bras de suspension...) Pour différents constructeurs dont PSA ou Renault. En juin 2009, l'entreprise a annoncé un plan comportant la suppression de 136 postes. Un premier combat en octobre 2009 a ramené ce chiffre à 88 : « La direction tentait de justifier ces licenciements par une baisse des commandes, mais nous avions constaté que, dans le même temps, elle prévoyait une augmentation importante de sa production en Tchéquie. Elle a donc essayé de passer en force en court-circuitant les consultations obligatoires des institutions représentatives du personnel. Nous avons menacé de rompre les négociations et nous avons obtenu cette baisse importante de postes supprimés. », Souligne Sébastien Caron, délégué CGT au comité d'entreprise. Début avril 2010, la discussion entre la direction et les représentants syndicaux reprend cette fois sur les indemnisations extralégales. Les dirigeants de TRW proposent 4000 euros de prime par agent licencié. Inadmissible pour les ouvriers de production qui, à 99,9 %, se mettent en grève avec occupation de l'usine. Au fil des jours, la grève se durcit et plus aucune pièce ne sort de l'usine : « nous avons rapidement appris par les collègues de la CGT de Peugeot Sochaux et Mulhouse que des chaînes de production s'arrêtaient faute de pièces. Notre crainte essentielle reposait sur le risque de production supplémentaire par les usines allemandes, ce qui aurait mis notre conflit en danger. » Ralph Blindauer, avocat des salariés de TRW de Ramonchamp, a pris aussitôt contact avec les responsables d'IG-Metal de l'usine de Gelsenkirchen, dans la banlieue de Dusseldorf : « Robert Sadowsky, le délégué syndical de l'entreprise, me confirme que la direction du site allemand a demandé aux salariés de faire des heures supplémentaires pour un surcroît de commandes. Je lui explique qu'en fait ces pièces fabriquées en Allemagne n'ont pour but que de casser le mouvement de grève en France. Aussitôt, il a demandé aux salariés de ne pas jouer le jeu de la direction et de refuser de faire ces heures sup. » Les effets de cette solidarité ont été aussitôt ressentis à l'usine de Ramonchamp. La direction, qui refusait de négocier sous la pression d'une grève, reprend contact avec la préfecture des Vosges pour une médiation. Le 4 mai, au cœur de la nuit, les discussions s'engagent à nouveau pour se conclure dans la nuit du 6 mai avec un sacré résultat. Les postes supprimées diminuent encore de cinq, auxquels s'ajoute une prime de 1000 euros par année d'ancienneté. TRW a même payé les jours de grève. Si la victoire est totale, les salariés de Ramonchamp sont conscients que, sans la solidarité des ouvriers allemands, leur conflit aurait perduré avec peu de chance d'aboutir. Le 7 mai, une délégation de salariés de Ramonchamp s'est rendue à Gelsenkirchen pour remercier de vive voix les représentants IG-Metal : « TRW comptait briser la grève en se servant de vous. Vous avez été magnifiques. Sans votre soutien, notre grève n'aurait pas eu ce succès. Les salariés français, vos camarades, vous en remercient. Soyez déjà assurés que demain, si vous vous retrouviez dans la même situation que nous aujourd'hui, notre soutien serait entier. », Annonce Thierry Heuraux, secrétaire CGT du CE. Les syndicalistes allemands et français de TRW ont déjà décidé de se rendre en Tchéquie pour nouer un contact direct avec les salariés de Besenov. Alain Cwiklinski (source L'Humanité dimanche)
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